Only God Forgives. Le réalisateur de Drive a trop regardé David Lynch

THRILLERONLY GOD FORGIVES Résumé. Chez les Hopkins, la vengeance est collée à la peau. À la mort de Billy, Julian retrouve le meurtrier de son frère mais ne peut se résoudre à le tuer. Billy avait violé la jeune fille de son futur bourreau avant de la torturer à mort. Mais aussi en raison de la caution apportée au règlement de comptes par un policier extrêmement dangereux, Chang, alias l’Ange de la vengeance. La maman de Julian, elle, n’a pas tous ces scrupules. Elle veut la tête de tous ceux qui sont impliqués dans le décès de son fils. Or M. Chang, qui manie le sabre effilé avec une précision diabolique, n’aime pas qu’on le menace. Mais alors pas du tout.

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Notre avis. Après la sensation Drive, déjà avec Ryan Gosling, Nicolas Winding Refn était attendu comme le messie du nouveau divertissement violent, rythmé et visuellement impressionnant. Mais déçoit quelque peu avec Only God Forgives. Un thriller trop référencé pour séduire totalement. Les héros semblent sortir tout droit des films de Quentin Tarantino, les ambiances rappellent celles de Wong Kar-Wai et les nombreuses séquences de rêverie/divination dans des couleurs sombres éclairées par des lumières rouges évoquent trop clairement l’univers de David Lynch. Sans apporter réellement quoi que ce soit à la fluidité du récit.

L’intrigue se résume à une succession de découpages en rondelles, de bagarres très violentes et de meurtres de sang-froid. Elle ne permet pas souvent non plus aux personnages de dévoiler leurs failles ou leur véritable personnalité.

Seul le rôle de Ryan Gosling offre une certaine subtilité. On sent chez lui une faiblesse manifeste, un désir d’enfin être apprécié par sa mère qui l’humilie en permanence tout en n’acceptant pas que qui que ce soit dise du mal d’elle ou tente de lui faire du mal. Il y a chez lui un sens du sacrifice à la fois admirable et ridicule.

Vithaya Pansringarm, qui rappellera aux plus anciens le placide Paul Meurisse, l’humour en moins, tue tout ce qui bouge sans la moindre émotion, de sorte que seule Kristin Scott Thomas, en maman vamp très crue (elle compare la taille du sexe de ses fils…), manipulatrice, toujours à la limite de la séduction et de la répression, marque vraiment les imaginations.

Derrière la caméra, Nicolas Winding Refn abuse des images trop léchées, des ralentis parfaitement inutiles et des musiques insipides sans réel apport. On ne retrouve pas la pêche de Drive, les changements de rythme impressionnants, les prises de vue audacieuses, les accélérations musicales et les pauses destinées à mieux connaître les protagonistes. Ici, tout est plus classieux, monocorde, prévisible. Ce n’est pas désagréable à regarder, mais Drive avait fait naître l’espoir d’une œuvre plus ambitieuse, emballante et mémorable.

Patrick Laurent

Only God Forgives

Thriller

Réalisé par Nicolas Winding Refn

Avec Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas, Tom Burke et Vithaya Pansringarm

Durée 1h30