Isabelle Durant assure qu'aucun dossier n'est définitivement perdu

BRUXELLES Et sur ses autres dossiers, Mme Durant craint-elle de passer un mauvais quart d'heure, ce dimanche, lors de l'assemblée générale qui se tiendra à Namur pour préparer celle de mars?

J'y vais sereine, sans appréhension grave, disposée à y expliquer les dossiers gagnés et ceux perdus au moins momentanément, et surtout les raisons qui y ont abouti, indique-t-elle. Mais on n'y dressera pas le bulletin de chaque ministre ou parlementaire.

Pour éviter d'avoir à éliminer le maillon faible?

Non, pour analyser en profondeur si notre travail produit les effets escomptés au travers des différents niveaux de pouvoir, et pourquoi. On n'est pas dans un poll, mais dans l'évaluation d'un travail collectif. On le fera via divers thèmes: le développement durable du cadre de vie, l'évolution du rôle de l'Etat, le paquet social, le transnational... Est-ce utile ou pas, au vu des résultats dans ces domaines, de participer à une majorité? Cela amène-t-il des choses irréversibles?

Pensez-vous avoir à rougir du bilan?

Franchement non, le bilan est plutôt bon. Le refinancement des Communautés, c'est Ecolo qui l'a porté depuis dix ans et il était loin d'être gagné si nous n'avions pas été là. La régularisation de 40.000 sans-papiers est aussi un acquis pour lequel nous nous sommes battus, même si cela n'a pas été sans mal. Kyoto, voici un an, semblait enterré. Et mon action sur la SNCB a servi d'exemple.

En quoi?

Au début, on rigolait de moi. Je constate qu'on s'inspire à présent de ma volonté de transparence pour réformer les entreprises publiques autonomes. Quant aux vols de nuit, on a enfin cessé de les considérer comme une rouspétance d'insomniaques: c'est sorti du trou noir grâce aux Verts, même si c'est avec des succès divers et que le combat contre la nuisance sonore des aéroports n'est pas terminé. En sécurité routière, on a l'air malin, face aux parents de victimes, quand on se renvoie la balle d'un ministre à l'autre! Désormais, chaque niveau de pouvoir s'engage dans un objectif commun.

Et au rayon des regrets?

La réforme de la procédure d'asile qui semble bloquée. Le lien des allocations sociales au bien-être. La table ronde sociale où on ne sait plus où on en est. Mais rien n'est totalement perdu: on va continuer à se battre.

Vous avez aussi été très malmenée. Avez-vous le sentiment de peser face aux socialistes et aux libéraux?

Oui, j'ai le sentiment de peser au sein du gouvernement, même si ça n'a pas toujours été simple, comme sur la SNCB dont la saga a parfois été très tendue. Mais ce qui compte, c'est le résultat. Dans les cercles où j'ai ma place à la table, je fais mon travail. Et je pense que, dans les 18 mois qui nous séparent encore des élections, on mesurera la pertinence de cette coalition à sa capacité de poursuivre dans son esprit réformateur, malgré la cohabitation des gens différents qui la composent.

Le droit de vote des non-Européens reste en rade. Est-ce acceptable?

Comme militante écolo, je veux aboutir. Mais comme ministre, je reconnais que ça ne figurait pas dans l'accord de gouvernement et que recourir à une majorité alternative serait problématique. Ne pas aboutir ne serait donc pas un échec du gouvernement. Mais je fais le pari que le VLD va évoluer. Ceci dit, on a le temps d'ici aux élections communales de 2006...

Pourquoi ce refus du VLD, selon vous?

Ils font une mauvaise analyse. La meilleure façon de lutter contre l'extrême droite, c'est d'oser porter des étendards symboliques. Le droit de vote en est un.