L'association nivelloise d'insertion professionnelle a été créée en 1974

NIVELLES Le Bric, pour beaucoup de Nivellois, ce sont des camionnettes blanches que l'on croise en ville, et une large allée bien pratique pour faire demi-tour quand on s'est engagé dans la rue Georges Willame, le long des voies de chemins de fer de l'autre côté de la gare. Certains poussent aussi la porte pour faire de bonnes affaires dans l'espace vente ou bien sont clients d'autres services. Puis il y a surtout ceux qui doivent au Bric d'être à nouveau inséré dans la société, avec un boulot, et tout ce qui en découle.

«Au départ, en 1974, il s'agissait d'un projet de mise en place d'une économie différente de celle du marché, explique Véronique Herrent, la responsable. Au fil du temps et des agréments, nous sommes devenus un lieu d'apprentissage professionnel, puis aujourd'hui une entreprise de formation par le travail. Nous accueillons une vingtaine de stagiaires dans les sections jardin, atelier bois et espace vente. Ils restent chez nous de six à dix-huit mois, encadrés par des hommes de métiers pour réaliser des chantiers et des commandes de clients.»

Fabriquer puis poser des châssis ou des portes, aménager et entretenir un jardin, paver, restaurer un parquet, faire de petits travaux de peinture, voilà un échantillon des connaissances qu'au terme de leur formation, les stagiaires pourront faire valoir auprès des employeurs. Un tour de main appris sur le terrain, en situation, avec la volonté de se sortir des difficultés en se formant. Dans 50% des cas environs, cela débouche sur un contrat stable après quelques petits jobs en intérim ou selon d'autres formules. Le Bric accompagne d'ailleurs les participants dans leur recherche d'emploi.

«Au début, plus que d'initier à un métier, nous voulons former une personne apte à travailler, explique Jean-Jacques Semal, un des accompagnateurs de l'atelier bois. Cela veut dire rompre avec certaines habitudes pour devenir ponctuel, rigoureux, régulier Pour certains, cela prend un peu de temps. Puis après, les choses deviennent vraiment intéressantes.»

Comme pour Xavier, 21 ans, qui fréquente l'atelier depuis 7 mois. «Avant, je chipotais, confie-t-il. Ici, j'ai appris beaucoup, je sais me servir de pratiquement toutes les machines.»

A ses côtés, Pascal, 35 ans, n'est là que depuis un mois. Il en est encore au ponçage, et aux autres méthodes de collage. «Mais ça ira, j'aime bien le bois et je suis motivé», assure-t-il.

© La Dernière Heure 2004