Cinq policiers ont été blessés lors d’une bagarre générale sur le Boulevard de l’Yser

BAGARRECHARLEROI Une vingtaine de jeunes ont provoqué une bagarre générale, dans la nuit de samedi à dimanche, à Charleroi. La petite bande célébrait le brûlage de culotte d’un de leurs amis qui, pour l’occasion, avait été grimé en clown. L’alcool a forcément coulé à flots lors de cette petite soirée et les esprits se sont quelque peu échauffés.

Plutôt bruyante, la troupe a fait halte au café El Pogona, sur le boulevard de l’Yser. Mais bien vite, les choses ont dégénéré. “Ils se sont disputés entre eux, explique le gérant de l’établissement. Avec le sorteur, nous les avons donc éconduits, ce qui ne s’est pas fait sans mal. Le futur marié, déguisé en clown, a même uriné sur notre façade.”

Une patrouille de la police locale de Charleroi est alors intervenue pour ramener le calme, vers 2 h 20. Mais les fêtards avaient manifestement l’alcool mauvais : l’un d’eux a porté un solide coup à l’un des inspecteurs. Pourtant bien charpenté, ce dernier a eu l’épaule déboîtée.

Voyant la situation dégénérer, sa collègue a tenté d’appeler des renforts, mais l’un des jeunes l’a étranglée par l’arrière avec le bras. Fort heureusement pour ces policiers, leurs collègues sont arrivés rapidement sur les lieux en force. Mais au lieu de calmer les ardeurs des trublions, la descente policière a entraîné un déferlement de violence.

Une bagarre générale a éclaté et, au cours de celle-ci, cinq inspecteurs ont été blessés. Finalement, les forcenés ont pu être maîtrisés et six d’entre eux ont été ramenés au poste pour être auditionnés.

Ce dimanche, le magistrat de service au parquet de Charleroi a ordonné leur relaxe sans les entendre. Ils seront toutefois poursuivis en correctionnelle pour ces faits de rébellion.

Le Syndicat libre de la Fonction publique (SLFP)-Police, de son côté, a dénoncé cette décision prise par la justice. “Voilà un éclairage très cru pour démontrer que certains membres de la magistrature et le pouvoir judiciaire dans son ensemble n’ont toujours pas compris qu’il est temps d’être absolument ferme et sans excuses à l’égard d’auteurs avérés de violences contre policiers”, ont indiqué le président national du syndicat, Vincent Gilles, et son vice-président, Vincent Houssin, dans un communiqué. Ils demandent que la ministre de la Justice prenne position dans ce nouveau dossier.

Les policiers carolos, eux, pansent leurs blessures : quatre d’entre eux sont en incapacité pour 5 jours et le dernier pour au moins 11 jours. Quant au futur marié, il aurait probablement préféré conserver un autre souvenir de son brûlage de culotte…

F. D. (avec Belga)