WAVRE

Les parents d’enfants handicapés tapent du poing sur le transport scolaire, jugé inadapté

HANDICAP Si le parquet de Nivelles s’est récemment saisi du dossier des transports scolaires, assimilés à de la maltraitance pour les enfants passant trop de temps dans les bus pour se rendre à l’école, les parents d’enfants souffrant de handicap et les directeurs d’écoles spécialisées en Brabant wallon veulent continuer à faire pression sur le gouvernement wallon et celui de la Communauté française.

Hier, ils ont organisé une action symbolique en invitant, à l’école Escale de Limal, le délégué général aux droits de l’enfant, Bernard De Vos, et le directeur francophone du Centre pour l’égalité des chances, Edouard Delruelle. Objectif : taper du poing sur la table et réitérer, avec eux, leurs revendications.

“Depuis l’année passée, on se rend compte des énormes dysfonctionnements en matière de transport scolaire”, confie Emmanuel Doornaert, directeur de l’école Les Moineaux, à Wavre. “Et nous sommes terriblement choqués par ce qui se passe en Brabant wallon. Cela va au-delà de ce que l’on pouvait imaginer.”

L’année passée, 378 enfants souffrant de handicap en Région wallonne passaient plus de quatre heures par jour dans le bus les amenant à l’école. Et 45 étaient originaires du Brabant wallon. À l’intérieur des bus, il est bien souvent interdit de manger ou de boire. Encore plus d’aller aux toilettes.

Les témoignages des enfants concernés sont d’ailleurs clairs. “Je passe beaucoup de temps dans les embouteillages et le transport me fatigue. À la fin, je me retrouve avec le cerveau en compote”, explique Nouredine, qui vient à l’école Escale à temps partiel pour ne pas être privé de soins médicaux primordiaux, tels que la kiné ou la logopédie.

Pour Emmanuel Doornaert, il s’agit ni plus ni moins que de “la grosse maltraitance. Et la situation empire d’année en année. Car de plus en plus d’enfants vont à l’école en transport scolaire. Ils étaient 14.751 l’année passée et 15.200 aujourd’hui alors que le cadre budgétaire n’augmente pas”.

Résultat : la longueur des parcours augmente et les enfants passent encore plus de temps à l’école. “La Région wallonne – comme la Flandre et Bruxelles – doit pourtant faire un effort raisonnable pour améliorer la situation des personnes handicapées“, explique Edouard Delruelle. “C’est inscrit dans l’article 3 de la loi contre anti-discrimination.”

Selon Bernard De Vos, le dossier relève même de l’urgence. “Notre demande est celle d’une refonte globale du système car les temps de trajets sont beaucoup trop longs”, explique-t-il. “Il faut faire vite car se lever à 5 h du matin pour finalement arriver en retard à l’école, c’est vraiment désespérant. Pour un enfant qui espère une scolarité réussie, c’est terrible.”

Yannick Natelhoff

Près de 400 enfants souffrant de handicap passent plus de quatre heures dans les bus pour aller à l’école.