Jean-Paul II est mort sans révéler son nom

CITE DU VATICAN Le pape Jean Paul II est mort sans révéler l'identité du dernier cardinal in pectore qu'il avait créé en 2003 et qui ne connaîtra jamais sa nomination.

A moins que le souverain pontife, en sa qualité de chef de l'Etat du Vatican, ait laissé des consignes écrites à son successeur et, selon une hypothèse circulant dans les milieux proches de la Curie, qu'il lui ait demandé de promouvoir l'intéressé lors d'un prochain consistoire. Mais le nouveau pape n'aurait pas l'obligation légale de le faire.

La formule du cardinal in pectore permet aux papes d'honorer des prélats dont la nomination pourrait présenter des risques pour eux ou pour les relations du Vatican avec un Etat, ou alors pour de simples raisons d'opportunité. Jean Paul II a nommé 31 cardinaux lors du dernier consistoire en octobre 2003 et annoncé qu'il gardait «en son coeur» l'identité de l'un d'eux.

Trois noms ont été évoqués: l'archevêque de Moscou, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, très critiqué par le patriarcat orthodoxe local, l'archevêque de Hong Kong, Mgr Joseph Zen Ze-Kiun, dont la nomination risquerait de créer un conflit diplomatique avec les autorités chinoises, et l'archevêque polonais Stanislaw Dziwisz, son secrétaire personnel.

L'identité d'un cardinal in pectore est connue du seul pape qui la garde «dans son coeur» et peut choisir de la révéler ou de ne pas le faire.

Paul VI est mort en 1978 gardant «dans son coeur» le nom de deux cardinaux. Personne ne sait s'il a laissé une lettre à son successeur le priant d'élever à la dignité cardinalice ces deux cardinaux secrets.

Aux termes du code de droit canonique, tant que le nom du cardinal in pectore reste secret, il n'est concerné ni par les devoirs ni par les droits des cardinaux. Dans le passé, les cardinaux in pectore avaient été créés dans les pays communistes et leurs noms étaient gardés secrets pour leur éviter des persécutions.

© La Dernière Heure 2005