Dead man down

Interminable, pas crédible

Thriller

Réalisé par Niels Arden Oplev

Avec Colin Farrell, Noomi Rapace, Terrence Howard, Dominic Cooper, Isabelle Huppert

Durée 1 h 57

La vengeance est un plat qui se mange froid. Et qui, dans le cas de Victor, refroidit aussi les uns après les autres les membres du gang du caïd pour lequel il travaille, Alphonse Oyt. Il faut dire que deux ans auparavant, le chef mafieux avait fait tuer sa femme et son fils tout en le laissant pour mort. Dès lors, le gentil ingénieux ukrainien s’est transformé en une implacable machine à tuer. Qui fait partie du gang d’Oyt… Mais les choses se compliquent lorsque Béatrice débarque dans sa vie. Moins par passion amoureuse, comme tout semblait l’indiquer au départ, que par désir de vengeance elle aussi. Entièrement centrée sur l’homme qui l’a définitivement défigurée. Et pour ça, elle possède un moyen de pression des plus efficaces : le chantage. Elle a vu Victor tuer quelqu’un de sang-froid..

(;;;; cliché à mourir. Le réalisateur danois de Millenium est tombé dans le piège hollywoodien : oublier tout ce qui faisait sa force pour fournir un produit formaté. Rien n’est crédible : des caïds de la pègre qui ne se souviennent pas de l’homme qu’ils pensaient avoir fait assassiner aux manipulations grossières en passant par la transformation d’un ingénieur de l’Est en Rambo. Pire : Isabelle Huppert est ridicule en maman sourde, Noomi Rapace et Colin Farrell n’apportent pas une once de profondeur à leurs personnages et le final est tellement grotesque qu’on s’étonne de ne pas y voir participer Steven Seagal. À réserver aux inconditionnels d’action que les plats mille fois réchauffés ne dérangent pas.

P.L.

Les enfants loups, Ame et Yuki

Une histoire magnifique en animation traditionnelle japonaise

Dessin animé

Réalisé par Mamoru Hosoda

Durée 1 h 57

Différent. Tout en cet étrange étudiant qu’est Ookami attire la jeune Hana, une fille qui a pris le parti de toujours sourire dans l’adversité. Lorsqu’il lui révèle être un homme-loup, capable de changer d’aspect à volonté, cela ne change rien pour elle. Sauf son mode de vie. Ses enfants, elle leur donne la vie à la maison, pas à la maternité. Et lorsqu’Ookami meurt, elle les élève seule. À la campagne. Loin de toute présence humaine. Yuki est plus loup dans l’âme, elle aime se battre avec les autres animaux. Ame, lui, est timide. Mais l’entrée de Yuki à l’école renverse les rôles. Elle veut s’intégrer, avoir des amies. Alors que son petit frère découvre avec Sensei, un vieux loup sage qui domine la montagne et la forêt, que sa vraie place est dans la nature.

((((; Brillant. En matière d’animation, on est loin de la souplesse et du génie de Pixar ou DreamWorks. Mais Mamoru Hosoda compense la raideur du graphisme par un récit d’une richesse inouïe. À travers une fable pleine de poésie, il prône en douceur la tolérance, la beauté de la différence, l’importance de trouver sa vraie place dans la vie mais aussi l’incapacité de s’en sortir seul, sans l’aide des autres. À aucun moment il ne juge les choix des uns et des autres ni n’impose ce qui serait mieux pour les enfants. La liberté de penser dans le respect d’autrui constitue le moteur de ce film d’animation touchant, sensible, intelligent, à voir en famille. P.L.

Au nom du fils

Caricatural à en mourir

Drame

Réalisé par Vincent Lannoo

Avec Astrid Whettnall, Philippe Nahon, Achille Ridolfi, Zacharie Chasseriaud,

Durée 1 h 40

Animatrice de radio catholique, Elisabeth vit sa foi dans l’allégresse. Jusqu’à ce que son mari meure lors d’une partie de chasse. Puis que son fils se suicide pour lui avoir menti (il était à un camp paramilitaire avec son papa) et pour des actes de pédophilie du curé. L’évêque ne lui est d’aucun secours : il protège ses brebis envers et contre tout, préférant accuser les victimes. C’en est trop pour Elisabeth. Qui tue l’ecclésiastique et s’empare du dossier contenant toutes les plaintes pour pédophilie auquel l’homme de foi n’a jamais accordé le moindre crédit. Avec l’arme de son défunt époux, elle se transforme en justicière. Mais les meurtres de curé entraînent des représailles contre les musulmans !

;;;;; Outrancier.

Le réalisateur du très joli Little glory se perd complètement en se prenant tantôt pour Quentin Tarantino, tantôt pour Claude Miller. Il passe sans cesse des outrances bouffonnes (tous les religieux sont menteurs, manipulateurs, violents, pédophiles ou lâches) au drame d’une femme dont toute la vie n’a été qu’un leurre sans jamais parvenir à faire rire, émouvoir ou susciter le moindre débat. Les personnages n’ont pas la moindre humanité. À aucun moment Vincent Lannoo ne trouve le ton juste pour nous embarquer dans sa folie ou ses réflexions. Le film, caricatural à en mourir, ne suscite que l’ennui. P.L.

Réalisé par

Avec

Durée , www.

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