Kirikou et les hommes et les femmes

Une deuxième suite sympa mais moins inspirée

Animation

Réalisé par MICHEL OCELOT

Durée 1h28

En Afrique, tout commence et finit par des histoires. Racontées par le sage du village au fond d’une grotte. Ses préférées tournent autour de Kirikou, ce petit bonhomme haut comme trois pommes aussi malicieux que débrouillard. Son imagination est sans limites, surtout lorsqu’il s’agit de rouler dans la farine la méchante sorcière aidée de ses nombreux totems. Avec un peu d’astuce et d’espièglerie, il règle le conflit qui opposait l’irascible magicienne à la femme forte à propos de la réparation du toit de sa case, permet à un vieux grincheux un peu trop présomptueux de ne pas tomber dans les pattes de karaba, résout le mystère du “monstre bleu”, apprend tous les trucs pour bien relater les légendes et, surtout, découvre la puissance de la musique et de la flûte en particulier.

Michel Ocelot s’est une nouvelle fois laissé convaincre par le public de donner une suite aux aventures de Kirikou. Mais, d’évidence, l’inspiration n’y est plus. Les saynètes restent sympas, gentiment moralisatrices, mais ne possèdent plus les nombreux niveaux de lecture des deux premiers opus. Ici, tout semble plus figé, prévisible, facile, destiné aux tout- petits pour tout dire. Les couleurs restent chatoyantes, mais on ne retrouve plus la fantaisie, l’imagination et la poésie qui ont fait la force des dessins animés de Michel Ocelot. Ceux qui découvrent Kirikou trouveront sans doute cela charmant. Les autres risquent d’être un peu déçus : ce troisième volet, assez peu diversifié finalement, n’apporte pas grand-chose. P. L.

Le jour des corneilles

Un dessin animé naïf, poétique, graphiquement original

Animation

Réalisé par JEAN-CHRISTOPHE DESSAINT

Avec LES VOIX DE JEAN RENO, LORANT DEUTSCH, ISABELLE CARRÉ, CLAUDE CHABROL

Durée 1h36

Le monde du jeune courge se limite aux frontières, étroites, de la forêt. Jamais il n’a mis un pied en dehors, sous peine “de disparaître à jamais” comme le lui a toujours dit son papa, un colosse qui l’élève seul à la dure. Pour autant, la solitude ne le fait pas souffrir : lorsque le manque de tendresse se fait ressentir, il va retrouver sa maman, mi-femme mi-biche, que personne d’autre que lui ne parvient à voir. Mais lorsque son père fait une vilaine chute, tout son monde s’effondre. Poussé par les autres créatures étranges des bois, il va chercher de l’aide au village. Et fait ainsi la connaissance de la fille du médecin, Manon, mais aussi de quelques personnes qui ne veulent pas que du bien à son papa, en raison d’un passé dont il ignore tout.

La force de ce premier dessin animé de Jean-Christophe Dessaint réside dans l’originalité de son graphisme, la puissance enveloppante de la forêt et la délicieuse naïveté des deux jeunes protagonistes, Le Fils et Manon. On est loin des personnages policés pour tout-petits ou des héros glamour de Disney. Les esprits de la forêt possèdent aussi un petit côté peinture classique très séduisant. Mais… il y a un mais. Et même plusieurs. L’animation, en termes de fluidité, n’est pas toujours impressionnante. Et, surtout, le récit ne tient pas en haleine. Tout est trop prévisible, tranché, répétitif. Le manque de folie et d’idées se révèle fort criant. Dommage. P. L.

Amour

Palme d’or à Cannes

Drame

Réalisé par MICHAEL HANEKE

Avec JEAN-LOUIS TRINTIGNANT, EMMANUELLE RIVA, ISABELLE HUPPERT.

Durée 2h07

À 80 ans, Anne et Georges vivent toujours heureux dans leur petit appartement parisien. Elle connaît ses oublis par cœur, il sait à l’avance comment se faire pardonner. Les journées s’écoulent paisiblement, dans un océan de tendresse. Bientôt troublé par un petit accident cérébral. Qui empêche Anne d’encore savoir se déplacer seule. Même s’il n’est plus lui-même très fringant, Georges assume sans rechigner tous les inconvénients de la situation. Mais les choses se compliquent chaque jour un peu plus. L’état de sa femme se dégrade, notamment sur le plan mental. Et cela, il ne peut l’accepter. Contre l’avis de tous, il veut s’occuper d’elle. Pour le meilleur et pour le pire.

Jean-Louis Trintignant aurait mérité un prix d’interprétation tant il est juste, touchant, face à une Emmanuelle Riva à la diction théâtrale un peu dérangeante. Mais c’est le film qui a été récompensé à Cannes. En dépit de ses interminables longueurs, de scènes d’un ennui mortel (la tentative de capture d’un pigeon pendant de longues minutes) ou d’une mise en scène très appuyée, tellement axée sur la symbolique qu’elle en devient presque prétentieuse. Cette plongée dans les affres de la vieillesse perturbe par son réalisme cru, son voyeurisme inutile, son manque de légèreté et son peu d’émotions. Mais quel ennui ! P. L.

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