Killer Joe

Le grand retour de William Friedkin

Polar satirique

Réalisé par WILLIAM FRIEDKIN

Avec MATTHEW MCCONAUGHEY, EMILE HIRSCH, JUNO TEMPLE, THOMAS HADEN CHURCH ET GINA GERSHON

Durée 1h43

Dealer minable et endetté, Chris secoue ses trois neurones et demi pour trouver un moyen de rembourser rapidement les 6.000 dollars qu’il doit à des tueurs. Et la solution, c’est de descendre sa maman et ainsi empocher les 50.000 dollars d’assurance-vie. Mais voilà, tuer, il ne sait pas faire. Alors qu’il s’agit de la spécialité de Killer Joe, un assassin redoutable que la police ne parvient jamais à coincer pour la bonne raison qu’il s’agit du flic chargé de l’enquête ! Aucune mission ne le répugne. Pour autant qu’il soit payé d’avance. Un principe auquel il ne déroge jamais. Même s’il est prêt à faire une exception pour Chris. À condition de pouvoir faire tout ce qu’il veut, mais alors absolument tout, avec sa simplette et sexy de sœur. Et cela, aussi longtemps qu’il n’aura pas été payé.

41 ans après l’exorciste et 38 après French connection, William Friedkin (77 ans) retrouve la toute grande forme. Avec un polar noir, amoral sur une famille américaine absolument pas modèle entassée dans un taudis poisseux. Qui respecte les codes, le rythme traînant et les grands clichés du genre. Tout en le détournant, par la grâce de protagonistes d’une bêtise à la fois infinie et jubilatoire. Rien n’est prévisible tant les antihéros peuvent tout faire foirer dans ce récit magnifiquement écrit et dialogué. Matthew McConaughey, en cow-boy pervers tueur à gages des temps modernes, trouve ici un de ses plus beaux rôles. Comme le film, il est à la fois répugnant et fascinant. Et surtout très cynique. P. L.

Vous n’avez encore rien vu

Trois versions d’une même pièce

Réflexion sur l’art

Réalisé par ALAIN RESNAIS

Avec LAMBERT WILSON, SABINE AZÉMA, PIERRE ARDITI, MATHIEU AMALRIC, ANNY DUPEREY, ANNE CONSIGNY, MICHEL PICCOLI

Durée 1h55

Dans son testament, Antoine d’Anthac n’a laissé qu’une seule dernière volonté : réunir dans sa propriété tous les acteurs qu’il a dirigés un jour dans Eurydice. Afin de leur présenter à tous une version de la pièce de Jean Anouilh réalisée par une prometteuse et avant-gardiste troupe de théâtre dans un hangar désaffecté. Pendant que les répliques fusent sur l’écran géant, dans la salle les comédiens-spectateurs prennent rapidement le relais. Et jouent, chacun à leur manière, le rôle qui les a tant marqués.

Quel ennui ! Vous n’avez encore rien vu illustre à merveille la fausse bonne idée cinématographique. Le point de départ est en effet intéressant : montrer qu’un même texte peut prendre des significations et des reliefs totalement différents selon l’interprétation de chaque comédien ou le parti pris d’un metteur en scène. Mais au lieu de survoler la pièce en se concentrant sur les moments clés, Alain Resnais nous impose les répétitions interminables des mêmes dialogues tout au long des trois actes. Sans plus rien apporter de neuf. Dès lors, l’originalité initiale devient source d’agacement, de lassitude même. Ce long métrage, pourtant fort bien interprété, paraît interminable, pédant et creux. P. L.

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