Abraham Lincoln, chasseur de vampires

C’est l’heure hache

horreur

Réalisé par Timur Bekmambetov

Avec Benjamin Walker, Mary Elizabeth Winstead, Dominic Cooper

Durée 1h45

Des étêtages en série Depuis qu’un vampire a tué sa mère, Abraham Lincoln n’a plus qu’une idée en tête : se venger. Sans avoir la moindre idée de la manière de tuer un mort-vivant. L’heure hache arrive lorsqu’un chasseur de vampires l’initie à la décapitation. Il ne lui reste alors plus qu’à transposer le massacre des envahisseurs en un programme politique axé sur la liberté et la fin de l’esclavage.

Hache bien aiguisée contre dents tranchantes

Quelle étrange idée de transformer le président le plus symbolique des Etats-Unis en une sorte de ninja qui fait voler les têtes de vampires à coups de hache. Et de fonder sur cela les grandes valeurs morales américaines ! Encore plus bizarre, voire nauséabond, l’adaptation du roman de Seth Grahame-Smith explique très sérieusement que grâce à Lincoln, les monstres assoiffés de sang ont quitté le nouveau monde pour s’installer “en Europe, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient”. On croit rêver… De la part d’une production Tim Burton, on s’attendait à un divertissement beaucoup plus fou et sensé à la fois, un enchantement visuel susceptible de rendre fascinant n’importe quel délire pseudo-historique. Au lieu de cela, il nous fourgue un enchaînement répétitif d’étêtages, quelques déclarations politiques assez balourdes et des prestations incrédules de comédiens manifestement occupés à se demander ce qu’ils sont venus faire dans cette galère. De frisson, il n’est quasiment jamais question. La mise en scène, digne d’un clip, ne parvient jamais à créer la moindre tension. Et le ridicule de certaines séquences d’action (le train sur un pont en feu, le massacre à la Matrix de dizaines de vampires) prête plus à sourire qu’à hérisser les poils. Comparé aux nullités qui envahissent les écrans ce mercredi, ce divertissement a au moins le mérite de ne pas être totalement irregardable et énervant. Surtout grâce aux jolis décors. Mais c’est vraiment tout. Le reste est à jeter. Euh, pardon, hache… ter.

P.L.

Holy Motors

L’escroqueriede l’année

Genre : indéfinissable

Réalisé par Leos Carax

Avec Denis Lavant, Kylie Minogue, Eva Mendes, Michel Piccoli

Durée 1h55

C’est quoi ça ? Une dizaine de fois sur la journée, M. Oscar change complètement de vie, de femme, de travail, pour devenir mendiant, assassin de banquier, père d’une fille mourante, industriel, cannibale, etc. Entre chacune de ces existences, il retourne dans sa limousine pour se déguiser.

Fumeux.

L’escroquerie de l’année. Fidèle à lui-même, Leos Carax filme n’importe quoi, sans le moindre souci de cohérence ni d’intérêt, histoire d’entretenir son image de cinéaste maudit dont personne ne va voir les œuvres. Le film dure près de deux heures mais il aurait pu s’étaler sur 2.000 heures sans rien apporter de plus. En deux ou trois sketches, le thème des multiples vies que tout le monde aurait pu avoir en tournant à droite plutôt qu’à gauche (ou vice-versa, on ne fait pas de politique) est totalement épuisé. La suite est inepte : peu importent les scènes, les dialogues et les personnages, seule la thématique compte. Carax sait filmer avec esthétisme, mais cela reste du vent. Les délires de Denis Lavant tapent sur les nerfs, tout comme l’incongruité des situations vraiment ridicules. Ce n’est pas un hasard si Eva Mendes, pourtant en Europe, n’a pas pris la peine de venir faire la promo de ce grand foutage de gueule à Cannes. Le moteur de Carax tourne à vide. Mais qu’est-ce qu’il fume… ?

P.L.

The Raid

Le pire du pire en matière de film d’action

Action et arts martiaux

Réalisé par Gareth Evans

Avec Iko Uwais, Joe Taslim, Doni Alamsyah

Durée 1h41

Ouch. À Jakarta, les forces de l’ordre n’osent plus approcher l’immeuble contrôlé par le baron local de la drogue. Sauf pour y mener des raids dont, généralement, aucun intrus ne sort vivant. Mais en cette journée calme, une vingtaine de policiers tente un nouvel assaut. Cela va donc beaucoup saigner.

Des tatanes par milliers.

Inutile de s’appesantir sur le scénario : ce film d’action indonésien, totalement débridé, ne se soucie guère du récit ou de la cohérence. Le seul objectif, c’est de flinguer à tout-va avant des corps-à-corps bestiaux entre champions d’arts martiaux capables d’encaisser les coups les plus mortels. Les amateurs d’interminables castagnes prendront peut-être plaisir à visionner ce film construit comme un jeu vidéo, avec massacre de tous les habitants d’un étage avant de passer au suivant jusqu’à la confrontation ultime entre deux frères. Visuellement, ce qu’ils font défie vraiment les lois de la pesanteur. À tel point qu’on n’y croit absolument pas… Mais quel soulagement lorsque l’ultime tatane d’une série de quelques millions expédie enfin au sol le gros méchant crétin de service. La fin de ce déchaînement de fureur fait un bien fou. Quel bonheur de ne plus regarder ces mauvais comédiens dans cette histoire débile filmée avec les pieds par un cinéaste qui repousse très loin les limites de la médiocrité. Quel dommage que cette boucherie ne soit pas plus expéditive et donc, beaucoup plus courte ! Le seul vrai bon moment de ce Raid se situe à l’apparition du mot Fin.

P.L.

Les Kaïra

C’est, paraît-il, une comédie…

Comédie

Réalisé par Franck Gastambide

Avec Medi Sadoun, Franck Gastambide, Jib Pocthier

Durée 1h35

Même pas drôle… Trois glandeurs de banlieue passent leurs journées à s’insulter, à mater des revues pornos et à trouver des excuses pour ne jamais aller au bout de leurs projets.

Pas de scénario et de rares gags hélas vulgaires : il n’y a rien à sauver !

À l’origine, Les Kaïra, compilait des sketches d’une minute trente pour le Net. Et cela se sent. Sur grand écran, les trois compères galèrent pour tenter de trouver de pauvres liens entre des gags faméliques censés parodier le mode de vie et de consommation dans les banlieues. Tout est archiprévisible, déjà vu mille fois et systématiquement ramené au porno, histoire de ne pas avoir tourné le film pour rien. C’est affligeant, souvent vulgaire, parfois tellement incompréhensible dans le langage que des sous-titres ne constitueraient pas du luxe. Il n’y a absolument rien à sauver dans ce nanar d’une telle pauvreté humoristique qu’il ne méritait rien de plus qu’un sketch d’une minute trente.

P.L.