Rhum express

Johnny Depp dans un délire éthylique sans véritable intérêt

Comédie

Réalisé par BRUCE ROBINSON

Avec JOHNNY DEPP, AARON ECKHART, MICHAEL RISPOLI, AMBER HEARD ET RICHARD JENKINS

Durée 2 h

En quête d’exotisme et d’expériences nouvelles, Paul Kemp jette son dévolu sur Porto Rico, histoire de se refaire un moral tout neuf. Et de noyer joyeusement son foie dans tout ce qui goûte l’alcool. Des virées qui l’amènent à faire la connaissance d’un photographe amateur de combats de coqs et à travailler pour un semblant de canard local, The San Juan Star. Tout ce que l’île compte comme Américains, Kemp finit par le connaître. Notamment le peu recommandable Sanderson, qui transformerait bien l’endroit en un paradis pour milliardaires, sans se soucier de la population locale. Mais Paul Kemp lui préfère… sa femme, une blonde torride elle aussi en quête de sensations nouvelles. Tous les ingrédients d’une relation explosive sont réunis. L’alcool fera le reste.

Johnny Depp a mis 10 ans pour produire cette œuvre de Hunter S. Thompson, l’inventeur du journalisme Gonzo dont le but était de vivre à fond les expériences pour montrer à quel point elles peuvent déformer la perception de la réalité. Mais on est loin de Las Vegas Parano : la mise en scène relie sagement des scènes de beuverie à d’autres hallucinogènes par des séquences banales dans des décors de rêve. Un étrange mélange de cartes postales et de sordide. Johnny Depp lui aussi alterne les délires hauts en couleur et les absences incompréhensibles. Résultat : sans être désagréable, Rhum express se regarde distraitement, sans véritable intérêt. C’est peu pour une œuvre cataloguée provocatrice. P. L.

Happy feet 2

Une suite sans surprise mais sympa

Dessin animé

Réalisé par GEORGE MILLER

Avec LES VOIX D’AMEL BENT, CLOVIS CORNILLAC, ANTHONY KAVANAGH ET MAX BOUBLIL EN FRANÇAIS

Durée 1h45

Roi des claquettes au pôle sud, Mumble le manchot empereur coule des jours glaciaux et heureux avec Gloria et leur fiston, Erik. Mais ce dernier, incapable de danser comme tous ses autres congénères, fait une petite fugue et tombe sous le charme d’une personnalité incroyablement charismatique : Sven. Le seul manchot capable de voler ! Pour lui, vouloir, c’est pouvoir. La pensée domine tout. Transcendé par cette rencontre, des étoiles de neige plein les yeux, Erik accepte de rentrer à la maison en compagnie de son papa parti à sa recherche. Mais désormais, toute la colonie est prisonnière dans une gigantesque cuvette de glace. Il va falloir trouver, et vite, une solution inventive pour les sortir de ce piège verglacé.

Destiné aux enfants, ce dessin animé plus mignon qu’original inverse tout simplement le scénario du premier Happy Feet en centrant l’action sur le fils du héros palmé. Rien de bien original là-dedans : Disney n’arrête pas de procéder de la sorte pour ses suites. Mais les manchots sont à croquer, leurs pas de danse donnent des fourmis dans les jambes, l’animation est sympathique, bref, les plus petits devraient beaucoup aimer en dépit du manque de rebondissements. Les adultes, eux, se rabattront sur les mésaventures de deux krills (de petites crevettes hautes en couleur) désireuses de se hisser tout en haut de la chaîne alimentaire. C’est gentil mais peu mémorable. P. L.

Apollo 18

Un Blair witch project sur la Lune

Horreur dans l’espace

Réalisé par GONZALO LOPEZ-GALLEGO

Avec WARREN CHRISTIE, RYAN ROBBINS, ALI LIEBERT

Durée 1h26

Officiellement, il n’y a jamais eu de mission Apollo 18. En 1972, les Américains ont envoyé leur dernier LEM sur la Lune avec Apollo 17. Mais le réalisateur a récupéré les images d’un autre vol habité, en 1974. Les trois astronautes n’ont jamais pu annoncer à leurs familles leur voyage. Dont ils ignoraient d’ailleurs totalement le but. Au début, tout se passe bien. Mais très vite, des traces de pas sont découvertes aux abords du module lunaire. Plus étonnant encore : les connexions radio sont régulièrement brouillées. Et les astronautes découvrent un vaisseau spatial russe tout près du leur. Mais les cosmonautes sont tous morts. Le visage marqué par une indicible terreur.

L’idée de base s’inscrit dans la ligne des faux documentaires à la Blair witch project ou Paranormal activity. L’étroitesse d’un vaisseau perdu sur notre satellite, loin de la Terre, offre un cadre idéal à toutes nos peurs. Mais, hélas, après une belle entrée en matière avec des images griffées ou surexposées qui sentent le bon vieux super-8, Gonzalo Lopez-Gallego se trouve vite à court d’idées. Au lieu de laisser travailler l’imagination du spectateur, il dévoile rapidement la solution de l’intrigue, parfaitement grotesque et ridicule au demeurant. Aucun rebondissement ne relance l’attention et le film devient donc ennuyeux… comme la Lune. P. L.

Beyond

Comment guérir de son passé ?

Drame

Réalisé par PERNILLA AUGUST

Avec NOOMI RAPACE, OLA RAPACE, OUTI MÄENPÄÄ

Durée 1h34

maman heureuse et femme épanouie, Lena voit ses vieux démons revenir la hanter avec un coup de fil de sa propre mère depuis son lit d’hôpital. Tout son passé, qu’elle avait soigneusement dissimulé, lui saute alors à la figure. D’autant plus cruellement que son mari ne lui laisse pas le choix et emmène toute la famille voir la mourante. Plus le trajet avance et plus Lena se rappelle ses parents, parfois aimants mais le plus souvent ivres morts, de ses compétitions à la piscine locale ou du petit frère qu’elle élevait quasiment toute seule. Autant de souvenirs qui ont le don de la rendre extrêmement irritable, voire carrément agressive vis-à-vis de ses proches, hébétés par ce changement d’attitude inédit.

Peut-on oublier son enfance ? Et comment guérir d’une blessure jamais cicatrisée à force de la dissimuler ? Le sujet s’attaque d’emblée à nos cordes sensibles. Sans apporter de réponse. Une approche intéressante malheureusement un peu gâchée par une mise en scène trop axée sur le suspense. À force de vouloir construire un thriller psychologique, Pernilla August rend les attitudes de Lena incompréhensibles et, surtout, irritantes. La clef de voûte de la personnalité de cette femme qui avait l’air si banale est révélée trop tardivement, à un moment où l’attention s’est déjà décrochée. Dommage car Noomi Rapace est impressionnante. P. L.