Le skylab

Les joies de la famille

Comédie pleine de charme

Réalisé par JULIE DELPY

Avec ERIC ELMOSNINO, JULIE DELPY

Durée 1h53

C’est la tradition : tous les étés, la famille de Jean se réunit au grand complet pour l’anniversaire de sa maman, en Bretagne. Pendant que les enfants jouent ensemble, se disputent ou regardent des dessins animés entassés dans un pauvre divan, les adultes, eux, picolent sec, échangent des souvenirs cocasses, prennent des nouvelles l’un de l’autre et, inévitablement, finissent par évoquer les sensibles sujets politiques. Toujours à haute tension : entre les artistes un peu anars et les anciens militaires, le ton monte toujours rapidement. Mais tout le monde se réconcilie autour d’une blague, d’une chanson du vieil oncle un peu perdu dans sa tête ou lors d’une séance de bronzage à la plage.

Pourquoi le skylab ? En 1979, la France craignait que le satellite ne tombe sur la Bretagne. Ce qui donne au film un petit air de fin du monde. Bien inutile. La chronique familiale de Julie Delpy tire son charme de son réalisme. On y retrouve tous les défauts, les énervements, les fous rires, les moments de complicité ou de folie qui font le charme de ces grandes réunions. Comme les dialogues sont croustillants, très bien écrits, impossible de ne pas se projeter, avec une pointe de nostalgie, dans cette joyeuse assemblée. Cerise sur le gâteau : Eric Elmosnino y est exceptionnel. P. L.

Dream house

Un gros air de déjà-vu

Mystère fantastique

Réalisé par JIM SHERIDAN

Avec DANIEL CRAIG, NAOMI WATTS, RACHEL WEISZ

Durée 1h32

L’heure du changement a sonné pour Will Atenton. Son boulot d’éditeur, en dépit de ses nombreuses réussites professionnelles, ne lui donne plus satisfaction. Il démissionne donc et quitte New York pour s’installer dans une ville paisible de la Nouvelle-Angleterre. Il y a trouvé la maison de ses rêves, parfaite pour écrire ses propres romans mais aussi pour s’occuper comme il le voudrait de sa famille. Mais, très vite, l’ambiance du lieu vire à l’étrange. Les enfants ne se sentent pas bien entre les quatre murs. Ils ressentent des choses bizarres. Il faut dire que toute une famille y fut décimée autrefois. Et, fait encore plus étonnant, tous les voisins reconnaissent en Will Atenton l’ancien meurtrier.

Spécialiste des films sociaux ou politiques (Au nom du père, The boxer, In America…), Jim Sheridan s’attaque cette fois à un genre très différent, le mystère fantastique à grands frissons. Il le fait avec un casting épatant, un gros budget et des références de grande qualité (Le sixième sens, The others, Shutter island)… bien trop flagrantes. Et c’est là le problème : dès le départ, on devine non seulement ce qui va se passer, mais aussi toutes les clefs de l’énigme. Du coup, on ne se laisse jamais mettre les nerfs en pelote par les rebondissements. Le spectacle, très honnêtement filmé, se suit sans passion, froidement. Il échoue donc dans son but. P. L.