La fée

Un long métrage bien déjanté réalisé par l’équipe de Rumba

Comédie

Réalisé par DOMINIQUE ABEL, FIONA GORDON ET BRUNO ROMY

Avec DOMINIQUE ABEL, FIONA GORDON ET BRUNO ROMY

Durée 1h33

Veilleur de nuit dans un hôtel peu fréquenté, Dom fait preuve de beaucoup de bienveillance vis-à-vis des clients qui ne respectent pas les règles de l’établissement. Comme cet homme équipé d’un étrange sac à quatre pattes après avoir appris que les chambres n’étaient pas accessibles aux chiens. Du moment qu’on le laisse manger tranquillement son sandwich en regardant son film préféré, tout va bien. Mais croquer dans son repas, il n’y arrive pas ce soir. Par la faute d’une femme étrange. Une fée, prétend-elle. Et, de fait, ses deux premiers vœux sont exaucés : au matin, il a un scooter et un approvisionnement illimité en essence. Mais la belle a disparu. Mystérieusement. Et Dom veut la retrouver à tout prix. Une vraie fée pourrait s’évader facilement, mais celle-là est un peu gaffeuse.

Plus poétique qu’hilarante, cette comédie rend hommage, via quelques belles trouvailles visuelles, à toutes ces personnes qu’on ne voit pas dans la vie de tous les jours, comme les clandestins ou les hommes de l’ombre qui exercent de petits boulots à horaire décalé. Dans un style très proche du cinéma muet, basé sur les expressions corporelles et la répétition des scènes, Abel, Gordon et Romy montrent que l’existence peut être bien plus belle en sortant des existences formatées en fonction du travail. Ou que l’humour naît des imperfections, des petits travers ridicules au charme fou. Même s’il tourne un peu en rond, ce cinéma-là possède le don de mettre de bonne humeur et de faire se sentir bien. P. L.

Votre majesté

Une parodie pas trop classe mais assez réussie des films médiévaux

Comédie

Réalisé par DAVID GORDON GREEN

Avec NATALIE PORTMAN, JAMES FRANCO, ZOOEY DESCHANEL ET DANNY MCBRIDE

Durée 1h42

Autant Fabious fait la fierté de son père, le roi, par ses nombreux exploits héroïques et sa droiture morale à toute épreuve, autant son balourd de frangin, Thadeous, se distingue par sa couardise, sa fainéantise, sa volonté de tenter de faire le mal (c’est difficile quand on est aussi paresseux et enrobé) et un appétit insatiable aussi bien concernant la nourriture que les femmes. Mais lorsque la promise de Fabious est enlevée par un infâme sorcier bien décidé à plonger le royaume dans les ténèbres, Thadeous (pas facile de s’habituer aux noms…) n’a d’autre choix que de partir à sa recherche en famille. À contrecœur. Et sans le moindre désir de jouer aux héros. Jusqu’à ce qu’il rencontre une guerrière aussi intrépide que belle, Isabel.

Manifestement inspiré par les Monty Pythons, David Gordon Green réalise un étrange mix de gags absurdes à l’anglaise et de blagues triviales bien grasses à l’américaine. Le résultat est tantôt vulgaire, tantôt délirant, mais, au final, force est de constater qu’en dépit de certaines outrances, on a passé un bon moment en compagnie d’acteurs qui semblent beaucoup s’amuser. Natalie Portman en guerrière invincible, James Franco en héros pas trop viril et Danny McBride en gros frimeur aux capacités limitées sont ridicules juste ce qu’il faut pour instaurer une ambiance de non-sense assez plaisante. Ce n’est pas du grand cinéma, mais un agréable divertissement. P. L.

Rondo

Le vieil homme et la mère

Drame

Réalisé par OLIVIER VAN MALDERGHEM

Avec JEAN-PIERRE MARIELLE, JULIEN FRISON, AURORE CLÉMENT

Durée 1h45

Lors de l’arrestation de son père à Anvers, en 1942, Simon parvient de justesse à prendre la fuite. Des résistants le font alors passer en Angleterre, où il pourra rejoindre son grand-père. Mais le vieil homme n’est pas des plus accueillants. Voici des années, il a répudié la mère de Simon parce qu’elle épousait un non-juif. Même s’il ne se déplace qu’avec des photos d’elle dans ses livres. Intransigeant, sec, adepte d’une vision sévère de la foi, il n’arrive pas à s’attacher à ce petit-fils pourtant prêt à tout pour qu’il l’aime un peu. Entre eux ne se dressent pas que de vieux conflits familiaux. Leur conception de la religion est en effet totalement différente. Et pas nécessairement compatible.

Pour son premier long métrage, Olivier Van Malderghem aborde de front des sujets difficiles. En les mélangeant. Du coup, on se perd dans les raisons des oppositions ou dans les explications confuses. Pis : comme le sujet est traité de manière un peu froide, avec des enchaînements de séquences hermétiques, on ne se sent jamais vraiment concerné par l’intrigue pourtant potentiellement très émouvante. Jean-Pierre Marielle et Julie Frison livrent de très belles compositions, mais cela ne suffit pas : on reste spectateur. Et il n’est pas simple de réprimer les bâillements lorsque le grand-père insulte Dieu pour avoir abandonné son peuple. P. L.

Réalisé par

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