Les mythos

Vaguement sur les traces (mais alors, de très loin) des Barons

Comédie. Enfin, c’est censé en être une…

Réalisé par DENIS THYBAUD

Avec STÉPHANIE CRAYENCOUR, RALPH AMOUSSOU, WILLIAM LEBGHIL, ALBAN IVANOV, CHARLIE DUPONT

Durée 1h27

Des losers. Voilà ce que sont Nico, Moussa et Karim. Trois agents de sécurité dans une grande surface qui se font virer pour s’être montré un peu trop sympas avec un petit voleur à la tire. Histoire de se refaire, en dépit d’un physique peu impressionnant, ils se font passer pour des gardes du corps. Et reçoivent une fortune pour protéger l’héritière capricieuse d’un empire industriel, Marie Van Verten, sorte de Paris Hilton hypercapricieuse, aguicheuse et irrespectueuse (mais peut-être s’agit-il de pléonasmes). Habituée à un service impeccable, la jolie blonde va connaître les plus grandes surprises de son existence oisive. Et les plus grandes frayeurs aussi : par le plus grand des hasards, des malfrats bien équipés et entraînés (eux…) profitent de l’aubaine pour attenter à ses jours.

Le réalisateur Denis Thybaud cherche manifestement à marcher sur les traces des Barons avec son trio de jeunes sympas des banlieues et des gags plutôt absurdes. Mais il a oublié deux points essentiels. Tout d’abord, d’écrire un scénario. Aligner les clichés pour tenter de les détourner ne suffit pas. Les pseudo-rebondissements sont plus invraisemblables les uns que les autres et la morale ultra-prévisible qui s’ensuit tient avant tout de la guimauve pour enfants. Ensuite, il a totalement oublié de soigner ses dialogues. Les comédiens font ce qu’ils peuvent avec un matériau vraiment basique, mais ils ne parviennent que rarement à accrocher un semblant de sourire. Le film est court : c’est hélas sa principale qualité. P.L.

Zookeeper

Une pâle copie de Docteur Dolittle . Sans Eddie Murpy

Comédie. Du moins, pour les Américains…

Réalisé par FRANK CORACI

Avec KEVIN JAMES, ROSARIO DAWSON, LESLIE BIBB

Durée 1h42

Cinq ans après la terrible humiliation infligée par Stéphanie, qui a refusé de l’épouser sans cacher son dégoût, Griffin Kayes rêve toujours de conquérir l’élue de son cœur. Sa meilleure amie, Kate, qui se trouve aussi être la plus jolie des employées du Zoo où il travaille (et pour cause : il s’agit de Rosario Dawson), lui prodigue d’ailleurs de précieux conseils pour toucher le cœur d’une fille. Elle n’est pas la seule : touchés par leur gentil gardien, les animaux décident de briser leur loi du silence et d’aider le bon rondouillard , grâce à leur sagesse tout aussi animalière qu’ancestrale. Pas besoin d’en dire plus: la suite suit docilement le chemin balisé des comédies romantiques hollywoodiennes dénuées d’humour et de vrais sentiments.

Inconnu chez nous, Kevin James est fort heureusement amené à le rester. L’ancien faire-valoir d’Adam Sandler (c’est dire…) ne parvient pas à apporter la moindre petite touche de sincérité ou d’humour dans cette comédie qui pille honteusement Docteur Dolittle avec une lourdeur effarante, même pour une comédie américaine. Les animaux qui parlent et débordent de bons sentiments devraient faire craquer les tout-petits tout en plongeant dans des abîmes de perplexité les parents. Tout est mièvre, fade, formaté, sirupeux dans cette sucrerie qui ferait passer La nuit au musée pour un chef-d’œuvre d’originalité et d’inspiration. Bref, c’est très dispensable. P.L.

Case départ

Les Visiteurs façon esclavage

Comédie. Mais on ne rit pas beaucoup…

Réalisé par THOMAS NGIJOL, FABRICE EBOUÉ ET LIONEL STEKETEE

Avec THOMAS NGIJOL, FABRICE EBOUÉ

Durée 1h34

Paris en 2011. Joël, un jeune Black, vient de sortir de prison. Sa vie, c’est mensonges éhontés, racket des copines de sa fille et agressions verbales de tous ceux qui ont le malheur de l’entourer, d’office taxés de racisme s’ils ne cèdent pas à ses moindres caprices. Régis, lui, est d’origine antillaise. Mais travaille à la mairie pour une administration très à droite qui renverrait bien tous les étrangers chez eux. La générosité et l’aide, qui constituent les bases de son métier, il ne connaît manifestement pas. Tous les deux sont demi-frères. Et vont hériter de leur papa d’un acte d’affranchissement de leurs aïeux. Déçus, ils le déchirent. Et se retrouvent, par une étrange malédiction, dans une plantation du passé. En tant qu’esclaves.

Faire rire avec le racisme pour en arriver à la conclusion que c’est impossible : le trio n’a pas choisi la facilité. Après un démarrage insupportable (il faut s’accrocher pour dépasser les 20 premières minutes, irritantes de caricature et d’agressivité), cette comédie trouve son ton dans une sorte de Visiteurs à l’époque de l’esclavage dans les plantations. Dire qu’on s’esclaffe reviendrait à prendre de grandes libertés avec la réalité. Tout au plus rit-on jaune de temps en temps avec l’ignominie des situations du passé par comparaison à certaines exigences actuelles. Le fond et les anachronismes sauvent un petit peu l’humour lourd. Pour djeuns. P.L.

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