La prequel du Seigneur des anneaux impressionne, même si tout n’est pas parfait

CINÉMA BRUXELLES Depuis neuf ans, et la sortie du Retour du roi, les fans du Seigneur des anneaux attendent avec impatience que Peter Jackson s’attaque à la prequel imaginée par J.R.R. Tolkien, Le Hobbit. Un rêve qui prend enfin corps (ou plutôt pellicule…) à partir de ce mercredi 12 décembre dans les salles de cinéma.

D’entrée de jeu, le cinéaste néo-zélandais joue la carte de la filiation (même musique, apparition de Frodon… pourtant absent du roman à qui le vieux Bilbon destine son livre) et du contraste par l’entremise de 13 nains braillards et bâfreurs qui apportent une touche d’humour enfantin plutôt surprenante.

Ensuite, la quête de cette petite communauté reprend des chemins bien balisés par Le seigneur des anneaux : de longues chevauchées dans des décors merveilleux et désertiques, de nombreuses attaques d’Orques et une belle dose de débrouillardise pour échapper aux Trolls dans le but de récupérer Erebor, la cité mythique des Nains tombées aux griffes de Smaug le dragon.

Autant dire qu’avec la projection à 48 images par seconde (une première), on en prend plein la vue. La 3 D ressort comme jamais grâce à la netteté des différentes couches de l’image. Mais, autant le savoir, cette nouvelle technique réclame un petit temps d’adaptation. La clarté des détails les plus infimes donne un petit côté artificiel aux décors. Jamais nos yeux ne voient aussi clairement de l’avant à l’arrière-plan. Mais au bout d’une petite demi-heure, l’habitude est prise et on savoure alors une qualité d’image réellement incomparable.

Notamment lors de la confrontation entre Bilbon et le Gollum. Sans conteste le temps le plus fort de ce premier opus de 2h45. Grâce aux progrès des effets spéciaux, le jeu du possesseur du “précieux” se révèle d’une étonnante subtilité. Ses yeux trahissent le désespoir, la dualité ou la fourberie, tandis que son visage se détend ou se durcit avec un réalisme sidérant.

Autres très belles réussites : les scènes de combat, au cœur desquelles plonge la caméra de Peter Jackson pour mieux nous faire ressentir les tensions ou la peur. Les loups des Orques ne sortent pas leurs canines qu’à l’écran : ils les étalent jusqu’au-dessus de la tête de votre voisin dans la salle. Effet garanti.

Génial, alors, Le Hobbit ? Quelques bémols ternissent un peu l’enthousiasme. Comme le manque de personnalité de la plupart des Nains, trop souvent cachés derrière leur roi. Ou le recours aux mêmes trucs et astuces que pour Le seigneur des anneaux, éliminant du même coup une partie du suspense. Enfin, l’ajout de Saroumane (Christopher Lee) ou de Galadriel (Cate Blanchett) se révèle superflu. Mais le plus gênant, finalement, c’est l’absence d’un méchant fascinant. Ici, Smaug est à peine entraperçu. L’œil de Sauron générait une angoisse qui tendait le récit. Ici, la crainte est bien moins forte.

À ces nuances près, Le Hobbit est quand même un grand film.

Patrick Laurent

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