Dacia pourrait bien faire des émules parmi d’autres constructeurs, plus classiques

Le succès grandissant du low-cost en Europe, porté par la renaissance de Dacia, pourrait progressivement faire des émules chez les autres constructeurs.

En seulement six ans, depuis sa renaissance, la marque d’origine roumaine Dacia s’octroie effectivement en Europe de l’Ouest une part de marché supérieure à celle de Honda, Mazda, Mitsubishi, Suzuki, Chevrolet, Alfa Romeo et bien d’autres marques implantées depuis des décennies dans le paysage automobile. De quoi inciter les autres marques à entrer dans la danse du low-cost ? C’est d’autant plus probable que la demande pressante des marchés émergents pour des voitures basiques pousse les constructeurs à développer des modèles aux coûts cassés.

Comme la première Dacia Logan, à la base uniquement destinée aux pays de l’Est, ces modèles pourraient progressivement s’exporter vers les marchés matures en crise. Verra-t-on bientôt la nouvelle Peugeot 301, à la base uniquement destinée aux marchés émergents, aussi en Europe de l’Ouest ? La Grèce, à la situation économique peu enviable, figure en tous les cas déjà sur la liste des pays de distribution…

Sans tomber dans la logique low-cost pure et dure imposant un niveau de confort assez spartiate, la nouvelle Skoda Rapid qui est lancée sur les marchés européens est également taillée avant tout pour séduire la clientèle asiatique, indienne et russe. C’est d’ailleurs le fer de lance de la stratégie Skoda pour atteindre son objectif ambitieux de production annuelle de 1,5 million d’unités en 2018 (quasi le double de la production actuelle). Raison pour laquelle elle s’offre une carrosserie trois volumes et non un hayon, plus populaire en Europe. Mais qu’elle se passe également de quelques attentions devenues courantes pour les clients européens de ce segment. Ne cherchez pas de phares ou d’essuie-glaces à allumage automatique, ni même d’interrupteurs pour commander les vitres arrière électriques depuis la place du conducteur, par exemple. Mais le groupe Volkswagen pourrait aller bien plus loin dans sa démarche low-cost et concurrencer directement Dacia. Pour atteindre son objectif de premier constructeur mondial, le groupe allemand a annoncé qu’il pourrait lancer la production d’une famille de véhicules du genre d’ici à deux ans. Coïncidence : le groupe allemand a racheté récemment les droits sur l’ancienne marque ex-allemande Wartburg. Un signe ?

J.-F. Ch.