1 Avant le Maracanã Un marécage asséché par les Jésuites, qui a d’abord accueilli le premier hippodrome du Brésil

Le stade du Maracanã a été construit dans un quartier de Rio de Janeiro que les Indiens, ex-propriétaires de ces terres, appelaient Tijuca ce qui, dans leur langue, signifiait “eau pourrie”. On est donc sur un marécage dans lequel ils n’aimaient pas s’aventurer.

Après l’expulsion des Français, en 1567, ces terres passent aux mains des Jésuites qui convertissent les Indiens au christianisme mais les utilisent également comme main-d’œuvre pour assécher les terres et modifier le cours des rivières, construire des maisons ou planter de la canne à sucre.

En 1759, le roi Dom José expulse à son tour les prêtres et confisque tous les biens, qu’il distribue à de riches familles. Celles-ci transforment les terres en secondes résidences ou en cultures de café. Mais pendant plus de 50 ans, personne ne s’intéresse à une bande de terre qui est rapidement envahie par la végétation et perd de sa valeur.

Jusqu’en 1808, lorsque la famille royale revient au Brésil et s’installe à Boa Vista. Tout le monde veut alors être le voisin du Roi João VI et le terrain retrouve des amateurs. Il est acquis par Francisco José da Rocha Leão, le plus grand négociant de pierres précieuses du pays.

Mais en 1885, sa belle-fille le vend au Derby Club, qui y érige le premier stade hippique du pays. Celui-ci est inauguré le 13 avril 1890. D’autres stades hippiques sont construits par la suite mais dans les années ‘30, les propriétaires de chevaux s’inquiètent de la popularité grandissante de ce sport et se remettent à organiser des courses privées.

En 1932, le Derby Club doit, dès lors, fusionner avec le récent Jockey Club da Galvia.

Abandonné, le terrain de Tijuca sert alors de dépôt aux voitures de l’armée et de plaine de jeux aux enfants du quartier…