Hier, le soigneur Bob Madejak a sérieusement été mis sur le gril

NANTERRE La 12e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre, dans la banlieue parisienne, juge cette semaine dix personnes, dont sept coureurs ou anciens coureurs, impliqués dans ce qu'on appelle l'affaire Cofidis, née d'une enquête lancée au printemps 2003 par la brigade des stupéfiants de Paris et qui a explosé au grand jour en janvier 2004 avec les premières perquisitions, interpellations et mises en examens. Une enquête qui, selon le magistrat instructeur, s'est "heurtée à une omerta formidable". Ce procès du dopage dans l'équipe française a débuté hier et se terminera vendredi, le jugement sera alors mis en délibéré pour trois à quatre semaines. Souvent comparé à un procès Festina bis, celui de Nanterre ne devrait toutefois pas mettre en évidence l'existence d'un dopage organisé au sein du groupe nordiste.

Pourtant, sept coureurs ou ex-coureurs qui appartenaient ou avaient appartenu à la formation Cofidis sont poursuivis pour "infraction à la législation sur les produits stupéfiants et infraction à la législation sur les substances vénéneuses" : Médéric Clain, Philippe Gaumont, Massimiliano Lelli, Daniel Majewski, David Millar, Marek Rutkiewicz et Robert Sassone.

Les trois autres personnes jugées sont l'ancien directeur sportif Oleg Kozlitine (à l'époque dans une formation de 3e division), un soigneur franco-polonais Boguslaw Madejak (alors chez Cofidis) ainsi qu'un pharmacien de Paris, Pierre Ben Yamin. Ce dernier est accusé d'avoir "délivré sans ordonnance des médicaments".

Les prévenus, qui ont presque tous reconnu les faits, ont assuré que les dirigeants cyclistes et de leur équipe étaient au courant de tout. Ils risquent des peines allant jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende. Hier, au cours de la première audience, durant laquelle le soigneur a été très sérieusement mis sur le gril et désigné comme une des figures centrales de l'affaire, certains avocats de la défense ont parlé de pratiques incontournables pour le cyclisme, et cela, alors que la fédération française fermait les yeux et ne faisait rien pour mettre fin aux infractions dont elle avait, disent-ils, connaissance.

Eric de Falleur

Philippe Gaumont est un des dix prévenus, dont sept coureurs, du procès Cofidis qui a débuté hier à Nanterre. (REUTERS)