Dix-huit prévenus sont poursuivis pour des dizaines de vols à la cité Bellecourt

CORRECTIONNELLECHARLEROI “Ce sont des petites crapules. Des gens qui n’ont jamais travaillé et qui ne travailleront jamais. Ils ont le larcin dans le sang au point de se voler entre eux ou de tricher dans le partage du butin. Depuis qu’ils ont été interceptés, la cité Bellecourt de Manage a retrouvé un peu de calme.” Exaspérée, la substitute Dutrifoy a remonté les bretelles des 18 prévenus qui comparaissaient, hier, devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

Cette bande à géométrie variable se voyait reprocher des dizaines de cambriolages, des recels et une tentative de vol avec violence sur un octogénaire quasi aveugle, agressé chez lui par deux lâches cagoulés. Mais le réquisitoire semble glisser sur l’uniforme training-baskets-sweat à capuche de ces prévenus qui chiquent devant le juge et ricanent, affalés sur leur banc.

Incarcéré depuis février, l’un d’eux s’est même illustré au JT en se filmant au sein de sa cellule comme s’il se trouvait au club Med. Depuis, il a été transféré sous un régime plus strict… Mais la magistrate renchérit : “Les sept premiers constituent le noyau dur. Ils se baladent en voiture, boivent de l’alcool et décident, comme on ferait, de cambrioler une maison. Ils emportent les écrans plats, des GSM, les armes, les outils, les frigos ou même des cannes à pêche. Mais en plus, ils saccagent tout. Dans une maison en rénovation, ils ont écrit des insanités sur les murs, détruit le four, uriné dans le canapé et griffé les meubles”.

Selon le parquet, les faits poursuivis à l’audience ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Bref, ce que les voleurs ont bien voulu lâcher, soit parce qu’ils étaient confondus par des preuves, soit parce qu’ils se sont balancés les uns les autres.

La substitute Dutrifoy a finalement réclamé des peines de 30 mois de prison ferme pour les sept du noyau dur, tous connus de la justice. Elle estime également les faits de recel établis, personne ne pouvant ignorer dans la cité que les objets revendus étaient délictueux. Les avocats, eux, affirment que leurs clients sont encore récupérables, qu’ils ont compris leurs torts et que le sursis ou une peine de travail, c’est une sanction suffisante…

F. D.