En 1995, Charles De Sneyder appelait à renvoyer les étrangers

BRUXELLES Régionales de mai 1995: Charles De Sneyder, actuel responsable du service opérationnel des pompiers de Bruxelles, se présente sous la bannière VLD. Dans l'un de ses tracts, il développe une partie de son programme: «En matière d'immigration, la Région et ses communes doivent s'orienter vers une politique du retour au pays (). Mon objectif (): inciter la grande majorité des non-européens à retourner vers leur pays d'origine.»

Des propos douteux tenus par celui qui, aujourd'hui, est candidat à une nomination définitive par le gouvernement bruxellois. Pour rappel, les pompiers disposent d'une direction à deux têtes, la direction administrative étant elle prise en charge par Francis Boileau, lui aussi candidat à une nomination officielle. Celles-ci doivent tomber dans le courant du premier trimestre.

Au cabinet Cerexhe, où l'on traite les candidatures, on n'ignore pas le passé politique de M. De Sneyder. «Aucun commentaire», se contente-t-on de dire. La probabilité d'un recours pour violation du secret de la procédure est élevée.

Pour sa part, Guy Vanhengel, ministre et chef de file du VLD bruxellois, estime que l'on fait grand bruit d'une «vieille histoire». «L'affaire a déjà été tirée au clair sous la précédente législature. Pour preuve: l'ancien ministre de tutelle Robert Delathouwer, socialiste, l'a promu sur base de ses qualités professionnelles. Ensuite, les propos tenus dans ce tract datent d'une certaine époque. Plus personne ne pense de la sorte dix ans après. Et puis, il ne faut pas oublier que des politiques qui en avaient dit beaucoup plus sur les étrangers ont été nommés secrétaire d'Etat (le MR Willem Draps, ndlr)

«Je n'ai rien à me reprocher!»

Si certains prennent la défense de l'intéressé, un ancien ministre de tutelle ne cache pas son malaise: «Le corps des pompiers de Bruxelles est sans doute le corps le plus fermé du pays. L'organisation y est très militaire. Pas de femmes, pas d'étrangers. Mais je pense qu'une partie de la mentalité qui y règne a certainement dû changer.» Un ancien député bruxellois libéral se demande même si un De Sneyder confirmé dans ses fonctions ne ferait pas mieux de «formuler un mea culpa public».

Interrogé par nos soins, l'intéressé ne dit pas non. «Mais je ne vois pas pourquoi je ferais un mea culpa puisque je n'ai rien à me reprocher, estime Charles De Sneyder. Cette histoire, on a déjà voulu me la glisser dans les pattes en 1995 alors que je n'ai fait que reprendre les idées du parti. J'avais porté plainte auprès du Conseil d'Etat contre mes détracteurs, j'ai gagné. Je constate qu'une fois encore, les mêmes personnes cherchent à me nuire, à me casser.» Charles De Sneyder ne milite plus en politique.

© La Dernière Heure 2005