Les marches du pouvoir. Les conseillers de l’ombre mènent la danse

POLITIQUE RÉSUMÉ. Il ne reste plus que deux candidats lors des primaires démocrates aux États-Unis. Et le gouverneur Mike Morris, par son charisme, ses idées politiques sans concession et son franc-parler, tient largement la corde pour devenir le seul représentant de son parti pour l’élection présidentielle. À moins d’un faux pas. Ou d’un retournement d’alliances. En coulisses, les conseillers des deux camps fourbissent leurs armes pour faire triompher leur favori. Et cela, par n’importe quel moyen : manipulation de la presse, intox dans le camp d’en face, offre de postes d’importance à un ancien candidat susceptible de faire pencher la balance dans l’un ou l’autre sens, coucheries, on en passe et des moins reluisantes.

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NOTRE AVIS. Après Confessions d’un homme dangereux, Good night and good luck et Leatherheads, George Clooney signe une quatrième réalisation sobre et classique sur les coulisses du pouvoir et les couleuvres à avaler pour y accéder. Le départ est assez enthousiasmant : le gouverneur Mike Morris (incarné par Clooney lui-même) est persuadé que la victoire passe par un respect de ses principes et de ses discours. Bien sûr, il est prêt à dire ce que les gens veulent entendre, mais certainement pas à se contredire. À charge pour son équipe de rendre son message efficace dans les médias.

Mais ensuite, on assiste à une succession de coups bas trop clairement inspirés par le parcours de Bill Clinton. L’effet de surprise s’envole complètement et prévoir la suite du déroulement tient du jeu d’enfant. La description des mœurs politiques est traitée avec la subtilité d’un bulldozer.

Le seul attrait réside alors dans le jeu d’acteurs aussi convaincants dans la bonne foi que la roublardise, l’amitié que la trahison, la communication que la stratégie. Et là, c’est vrai qu’on a droit à de grands numéros. Philip Seymour Hoffman en directeur de campagne, Ryan Gosling en adjoint idéaliste et naïf ou Paul Giamatti en tête pensante de l’adversaire, jouent admirablement sur le fil de la sournoiserie et de ce grand principe machiavélique qui veut que la fin justifie les moyens.

Si l’intrigue avait été à la hauteur de leurs performances, Les marches du pouvoir aurait été un grand film.

P. L.

L’attrait du film réside surtout dans la prestation des conseillers de l’ombre.reporters