Cinq gendarmes déposent plainte contre les auteurs d'un livre mettant en cause

leur travail à Neufchâteau

BRUXELLES Me Walter Hellenbosch avait convoqué la presse, hier matin, dans la salle des pas perdus du palais de justice de Bruxelles. Un comportement inhabituel de la part d'un avocat plutôt discret, qui se justifie par la nécessité de faire la lumière sur la procédure intentée contre les journalistes Marie-Jeanne Van Heeswyck, Douglas Deconinck et Annemie Bulté.

C'est le livre dont ils sont auteurs, Les dossiers X: ce que la Belgique ne devait pas savoir sur l'affaire Dutroux, qui est visé par l'action introduite hier devant la 14e chambre du tribunal de première instance de Bruxelles siégeant en matière civile. L'ouvrage met en effet en cause le travail des cinq gendarmes, parmi lesquels le commandant Jean-Luc Duterme, chef de l'antenne de Neufchâteau, et son adjoint, Jean-Luc Decker.

Le livre visé consacre de nombreuses pages aux fameux témoins X et les journalistes ne se privent pas pour évoquer la manipulation de l'enquête concernant les déclarations desdits témoins.

Quant à Baudouin Dernicourt, en charge de la relecture du dossier après le commandant Duterme, il est accusé par les auteurs d'avoir rédigé des faux. Les deux derniers plaignants (Dany Lesciauskas et Serge Winkel), enfin, n'ont pas aimé que les journalistes aient qualifié d' imbécile leur manière d'acter les déclarations des témoins.

Ce procès est un pis-aller, mais c'est la seule arme que nous ayons, le problème ne s'étant pas réglé par la voie hiérarchique, explique le juriste, qui justifie par ces motivations le fait que cette plainte n'ait été introduite que plus d'un an après la sortie du livre. Notre ambition est d'effectuer un travail constructif dans le but de rétablir la vérité judiciaire. Les accusations portées contre nous sont gravissimes car elles sous-entendent que nous ne sommes plus dans un Etat de droit. Même si neuf magistrats ont confirmé qu'il n'y avait rien dans les déclarations de X 1, personne n'a jamais pris de sanction à l'égard de ce qui a été écrit, notamment dans ce livre.

Les plaignants réclament une indemnisation financière pour le préjudice subi, mais surtout la publication du jugement dans les médias et sur Internet. Notre but n'est pas de retirer l'ouvrage du marché. Ce que nous voulons, c'est que l'on dise et que l'on sache que, contrairement à ce qui a été écrit, le travail a été bien fait.

Me Hellenbosch ajoute que les trois auteurs sont collectivement liés et doivent être pris comme interchangeables entre eux.

Le tribunal devrait se prononcer endéans les neuf mois qui suivent l'introduction de la procédure.