300 policiers ont eu bien du mal à contenir deux groupes d'émeutiers. Bilan provisoire : 5 blessés et plusieurs arrestations

ANDERLECHT Une dizaine d'arrestations administratives; 3 policiers et 2 cavaliers blessés; et des dégâts déjà considérables : tel était, vers 21 h, le bilan, manifestement provisoire, des émeutes qui ont mis Saint-Guidon (Anderlecht) sans dessus dessous, hier.

À l'origine des incidents, on le sait, une invitation sur Internet à saccager la station de métro et ses alentours immédiats. Un appel à la haine auquel deux groupes ont répondu, en dépit d'un travail de dissuasion, entamé dès l'après-midi, par la Prévention et les forces de l'ordre d'Anderlecht : de soi-disants supporters du Sporting d'Anderlecht, au nombre de 100 à 150, place De Linde et 250 à 300 autres, que les policiers s'échinaient à contrôler place de la Vaillance. Au total 500 jeunes.

Quelque 250 policiers (brigade canine, cavalerie, fédéraux et de la zone Midi renforcés, vers 20 h, par 25 agents de Bruxelles) couraient entre ces ronds-points aux fins d'éviter l'affrontement entre les deux blocs d'émeutiers. Ceux-là ont brisé des vitres, arraché des pavés balancés en direction du mur de barrage des policiers. Et ce, dès leur arrivée, vers 18 heures.

Résultat : une station de métro Saint-Guidon aux verres brisés, une cabine téléphonique ayant volé en éclat, des commerces endommagés et une place de la Vaillance, jonchée de cailloux, de planches en bois, etc. "Ils ont aussi cassé des chalets. Dans des cafés, ils ont jeté des pierres et des chaises", jure un témoin.

Face à cet état de siège, la Stib a rapidement opté pour la fermeture de Saint-Guidon, d'abord (vers 18h30). Puis, vers 20 heures, ce furent au tour des arrêts Brel, Aumale et Veeweyde de l'être, tandis que gare de l'Ouest, le métro ne s'arrêtait plus - "À cause de travaux, on ne sait pas la fermer", expliqua un Stibien sur le qui-vive.

"C'est un chaudron ici", lâche un policier planté devant Saint-Guidon. "On vient tous les jours ici. Les jeunes squattent la station. Souvent entre 7h30 et 9h30 et entre 16 et 22 h."

Peu avant que le soleil ne se couche, autopompes, hélicoptères et dispositif policier n'étaient pas au bout de leur peine. Tandis que le quartier grande extension restait très sérieusement cadenassé, on annonçait en effet aussi des incidents côté Etangs noirs et Comte de Flandre.

Vers 22H30, après l'arrestation de 60 à 70 jeunes, la situation était "sous-contrôle", précisait le bourgmestre. On comptait 4 blessés parmi les policiers.

Guy Bernard

Hier, peu après 22 heures, plus de 150 personnes au total avaient été interpellées à Anderlecht après les émeutes qui s'étaient déclenchées entre jeunes en fin d'après-midi.(didier bauweraerts)

Hier soir, les incidents qui ont lieu aux alentours du stade Constant Vanden Stock, menaçaient de faire tache d'huile en d'autres endroits de l'Ouest de Bruxelles. (bauweraerts)

Les appels à la bagarre colportés les jours précédents sur un blog ont malheureusement été suivis d'effets hier soir dans le centre d'Anderlecht. (didier bauweraerts)