Les 26 États de l’espace Schengen pourront fermer leur frontière en cas de “circonstances exceptionnelles”

SÉCURITÉEUROPE Depuis 1995, tout citoyen peut circuler librement au sein (d’une partie) de l’Union européenne. Hier, lors de la session plénière du Parlement européen, cet acquis a été amendé.

“Le Parlement a donné son feu vert pour que les États puissent rétablir, de façon temporaire et en dernier ressort, des contrôles aux frontières nationales dans des circonstances exceptionnelles”, nous explique-t-on au Parlement européen.

Cette décision fait suite à une demande émanant notamment, à l’époque du Printemps arabe, de l’Italie, de la France et de l’Allemagne, désireuses de se prémunir contre un afflux massif de migrants.

On se souvient du lourd contentieux entre la France et l’Italie au sujet de la fermeture de leur frontière commune aux nombreux migrants tunisiens d’alors. L’Italie les avait régularisés temporairement et, partant, donné accès à l’ensemble de l’espace Schengen.

Cet espace regroupe 26 pays, 22 de l’UE et 4 États non membres de l’Union : la Norvège, la Suisse, le Liechtenstein et l’Islande. Au sein de l’UE, l’Irlande et le Royaume-Uni n’en font pas partie et Chypre, la Bulgarie et la Roumanie, pas encore.

Avec cette décision, qui devrait être adoptée par le Conseil à l’automne, le Parlement entend laisser les États contrôler leur frontière en cas de “circonstances exceptionnelles”.

Soit, nous définit une porte-parole du Parlement européen : “Par exemple lors d’une manifestation sportive de grande ampleur ou lors d’un meeting politique de haut niveau.”

Pour une durée de six mois maximum, un pays pourra alors rétablir ses frontières et contrôler les personnes qui entrent sur son territoire.

“La durée sera rarement aussi longue et elle devra toujours être justifiée et avalisée par la Commission”, explique la porte-parole. En cas “d’événements imprévisibles qui requiert une réaction immédiate, comme une attaque terroriste”, la frontière pourrait aussi être fermée jusqu’à 10 jours, durée qui pourrait être prolongée si l’Europe l’estime nécessaire.

Parallèlement, il a été décidé de la création d’un corps d’inspecteurs qui vérifiera qu’en temps normal les autorités nationales n’effectuent pas des contrôles illégaux aux frontières intérieures de l’espace Schengen.

“Ce corps effectuera des visites surprises aux frontières des États membres pour vérifier la libre circulation des citoyens”, décrit la porte-parole.

Thomas Leroy