Killing them softly. Un polar trop caricatural

RÉSUMÉ. Dans la mafia, on a des principes. Sanglants de préférence. Le braquage d’un tripot clandestin où se jouent de grosses parties de poker ne peut rester impuni. Soit le gérant, qui a déjà foiré de la sorte auparavant, a tout organisé pour arrondir ses fins de mois, soit de petites frappes ont profité de leur connaissance de son passé pour tenter de toucher le pactole sans jamais recevoir la facture. Qu’importe : dans ce cas-là, la pieuvre fait appel à Jackie Cogan (Brad Pitt), assisté exceptionnellement de ce poivrot et obsédé sexuel de Mickey (James Gandolfini). Deux tueurs auxquels tout le monde confie généralement sa vie dans les moindres détails. Et qui ne laissent que des cadavres derrière eux.

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NOTRE AVIS. Cinq ans après L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, Andrew Dominik revient enfin derrière la caméra. Avec un polar noir, sadique, désespérant, assez trash, centré autour de protagonistes plus inhumains les uns que les autres. En confier à Brad Pitt les clefs est assurément une bonne idée : méticuleux, imperturbable, prêt à tout pour obtenir les infos recherchées et sans la moindre pitié au moment d’exécuter ses victimes, il donne un petit côté encore plus dérangeant à son personnage avec son visage d’ange et sa cote de sympathie.

Et pourtant, on ne frissonne quasiment jamais. Pas plus qu’on ne rit aux outrances ordurières de James Gandolfini en pleine parodie des Sopranos ou qu’on ne se passionne pour l’intrigue cousue de fil blanc. Par la faute d’une mise en scène un peu artificielle, trop lente et léchée. Mais aussi en raison des très lourds parallélismes entre les pratiques de la mafia et celles du monde de la haute finance imposés par Dominik Andrew tellement en panne d’inspiration qu’il recourt systéma- tiquement aux infos des JT pour qu’on comprenne bien son point de vue.

La seule originalité est à chercher du côté des victimes qu’on fait buter en sachant pertinemment qu’elles n’ont rien fait, juste parce que les clients du tripot sont convaincus de leur culpabilité. Juste pour l’image, donc… C’est peu.

Bref, à force de se perdre dans des digressions peu convaincantes et en oubliant d’étoffer un minimum la personnalité caricaturale des protagonistes, c’est nous qu’Andrew Dominik tue tout doucement…

P. L.

Killing them softly

Polar

Réalisé par Andrew Dominik

Avec Brad Pitt, Ray Liotta, James Gandolfini

Durée 1h37