Une journée entière de délibération aura été nécessaire pour élaborer le verdict

ASSISESBRUXELLES Momo Atir, Abdi Azmi et Zak Benaïssa sont bien les auteurs du meurtre de Sidi Larbi, 26 ans, sacrifié dans un délire explosif de culture manga parfumée d’alcools durs, de cocaïne, de speed et de hasch.

C’était la nuit du 11 au 12 septembre 2007 et, on s’en souvient, quelques morceaux tronçonnés du cadavre ont été retrouvés deux semaines plus tard dans le parc Duden, à Forest. Le verdict est tombé hier soir aux assises de Bruxelles.

Une longue audience de délibération aura été nécessaire pour élaborer cette décision, probablement parce que les avocats de la famille de la victime, Mes Candice Fastrez et Damien Holzapfel, ont mis le paquet dans leurs plaidoiries sur la préméditation.

Même si la procureur générale, Estelle Arpigny, avait écarté cette circonstance aggravante, les avocats de la défense se disaient terrassés par les arguments brandis par Mes Holzapfel et Fastrez. Lesquels ont finalement été repoussés.

Au bout du compte, les jurés retiennent le scénario suivant : le jeune coiffeur avait un style efféminé, même s’il ne comptait plus ses conquêtes féminines; au cours des drug parties, il se montrait collant et faisait fuir les familiers du trio qui venaient régulièrement prendre des rasades d’alcool et de stups dans cet appartement de la honte.

Le soir du 11 septembre, il a passé son bras autour du cou de Benaïssa et a tenté de l’embrasser; ce dernier lui a envoyé un coup de poing au visage et Atir lui a fracassé le crâne par-derrière avec une bouteille de champagne.

Ensuite, le trio a signé son arrêt de mort, avec tout objet qui lui tombait sous la main.

Enfin, après deux semaines de défonce, le travail de découpe a commencé.

Le texte du verdict donne encore des détails qui retournent les tripes. Pendant le désossement, les organes de la victime se sont répandus naturellement sur le sol.

Cette effroyable besogne, effectuée avec des scies à main, était régulièrement interrompue par des pauses pour prendre l’air et échapper brièvement aux odeurs pestilentielles !

Selon un expert, les insectes qui avaient commencé à dévorer le cadavre ont été exterminés par le Destop utilisé par les tueurs. Aujourd’hui, les peines.

Jean-Pierre De Staercke