France 2, dimanche, 19 h. Un nouveau jeu pour le week-end

DE NOTRE CORRESPONDANT EN FRANCE SERGE BRESSAN

PARIS L'été dernier, il a lancé un jeu, Tout le monde veut prendre sa place qui est resté à l'antenne toute la saison. En ce dimanche de début juillet, Nagui s'installe avec un autre jeu, pour le week-end : La Part du lion. Un format inédit pour le genre : 52 minutes, et 140 candidats sur le plateau pour des questions de culture pop (musique, cinéma, sport, pub, télé). En jeu, 10.000 euros. Rencontre avec un animateur qui jongle entre humour et efficacité.

Décidément, vous n'en sortez pas ! Vous voici encore avec un jeu...

"... peut-être mais là encore, je propose un concept 100 % français. On n'est pas allé à l'étranger pour acheter un jeu clés en main !"

Alors, cette Part du lion, qu'a-t-elle de vraiment original ?

"Voilà un an et demi, nous avions fait un pilote de jeu pour France 2, ça s'appelait Le Double Binz, ça ne fonctionnait pas parfaitement. Alors, on a retravaillé les points forts et ça a donné La Part du lion. C'est un programme basé sur la connaissance et le jeu. Avec 140 candidats pendant 52 minutes et de multiples chances pour tous les participants. Mais surtout, il peut y avoir un retournement dans les dix dernières minutes : jusqu'en finale, tout est possible. Alors, qui va gagner la part du lion ? Ça peut être un, deux, trois, voire tous les candidats ! J'aime assez cette notion de jeu... Il y a des qualifications, des face à face et puis, on n'est pas dans la culture scolaire. C'est la culture pop - la culture populaire avec des questions sur la musique, le cinéma, le sport, la pub, la télévision..."

Ce nouveau jeu, vous l'imaginez passer l'été ?

"La Part du lion, c'est un jeu d'été. Du moins, c'est la version officielle mais faites leur confiance, si ça fonctionne, à France 2, ils sauront qu'ils ont un programme dans leurs tiroirs..."

La recette pour qu'un jeu attire les téléspectateurs ?

"Dans la case de La Part du lion, c'est-à-dire l'access prime time, il faut présenter un programme de la même qualité et les moyens qu'un prime time !"

Justement, vos émissions dans la journée réussissent de très bons scores, ce qui n'est pas le cas quand vous passez en prime time...

"Quand on a fait Il y en aura pour tout le monde en direct un samedi soir sur France 2, on n'a pas fait un gros score- 14 % à l'Audimat. Il n'y a pas eu de deuxième tour ! Pourtant, je maintiens que nous proposions, là, une écriture télé moderne et sympathique. Une télé complice... Mais voilà, il y a tellement de paramètres qu'on ne maîtrise pas. Le premier et le plus évident, c'est la concurrence".

Les autres paramètres ?

"Tout joue dans la vie. Là, en ce moment, il y a une direction qui me fait confiance. Peut-être parce qu'un jour, je me suis trouvé dans le parking et que j'ai tenu la porte à une personne que je ne connaissais pas. En fait, cette personne était un des boss de la chaîne, une de ces personnes très discrètes mais très écoutées ! Oui, parfois, ça tient à pas grand-chose de plus..."

Comment vous sentez-vous dans ce monde de l'audiovisuel que vous fréquentez depuis plus de vingt-cinq ans ?

"Je suis toujours flatté quand on m'adresse la parole ! J'ai suffisamment vécu de moments intenses et de galères dans ce métier... Alors, aujourd'hui pour moi, c'est très simple : je n'ai pas envie de décevoir celles et ceux qui me font confiance. Mais surtout, je ne me pose de questions, du genre : "J'existe ou je n'existe pas ?" Je suis plus tenté de prendre des risques sur des émissions".

Votre rentrée télé en septembre prochain ?

"On continue Tout le monde veut prendre sa place sur France 2, et Taratata sur France 2 et France 4. Avec Air Production, on prépare une quotidienne pour une autre chaîne. On va aussi travailler pour Arte, des chaînes du câble et satellite aussi... Mais je précise qu'être à l'antenne n'a jamais été, pour moi, une urgence !"

Propos recueillis par S.B.

Nagui va-t-il avoir autant de chance avec sa nouvelle émission qu'avec le jeu qu'il avait lancé l'été dernier ? "C'est un jeu d'été, mais si ça marche, à France 2, ils sauront qu'ils ont un programme dans leurs tiroirs."(F2)