paris Bernard Tapie, avec ses excès, sa gouaille, ses antécédents, apparaît comme l’un des coupables tout désigné de cette affaire qui l’a vu empocher plus de 400 millions d’euros dans le dossier de la vente d’Adidas par le Crédit Lyonnais. Alors, coupable Tapie ? L’homme d’affaire est en tête d’affiche mais il est loin très loin, d’être le moteur de ce dossier.

Dans ses multiples sorties, Stéphane Richard, l’ex-chef de cabinet de Borloo et Lagarde, explique que Tapie harcelait le ministère des Finances dès le début du quinquennat de Sarkozy. Tapie voulait cet arbitrage, selon Stéphane Richard. “Il appelait sans cesse. Toujours avec un numéro masqué. Je me faisais régulièrement avoir parce que Madame Lagarde avait aussi un numéro masqué”, explique-t-il. La première fois que Richard rencontre Tapie, c’est quand Borloo est de passage aux Finances. Mais Borloo, qui devait être présent, ne s’est pas pointé. Tapie a donc expliqué en long et en large qu’il était un intime de Sarkozy. Un président que Nanard ne nommait jamais, parlant toujours du “petit”.

Le nom de Sarkozy circule de plus en plus dans ce dossier. Pour certains, il ne fait aucun doute que l’ex-président sera convoqué prochainement par la justice dans ce dossier aussi. De nombreux juristes, eux, s’interrogent depuis le début sur les raisons qui ont pu pousser le ministère des Finances, et donc Madame Lagarde, a accepté un arbitrage dans ce dossier. “C’est une hérésie”, explique un juriste spécialisé dans le domaine. “Un arbitrage est fait pour trancher un litige entre deux sociétés issues de pays différents. Rien à voir avec ce dossier. Dès le départ, la donne était à tout le moins douteuse, si pas franchement illégale”.

H. Le.