Majorité alternative

pour le droit de vote des non-Européens

BRUXELLES En 2001, Ecolo a engrangé beaucoup de choses, comme le refinancement des Communautés que nous avions été les premiers à réclamer, se réjouit Philippe Defeyt. Même chose pour la SNCB, pour assainir le secteur et assurer son développement. Quel que soit le ministre qui viendra après, il ne trouvera, dans ces domaines, aucun cadavre dans le placard.

Et pour 2002, quelles seront vos priorités?

Nous allons secouer le cocotier du renouveau démocratique et mettre le turbo pour casser les actuelles résistances, et pas pour des mesures cosmétiques. Nous avons déjà réussi à faire avancer le dossier de la transparence des rémunérations des gestionnaires des entreprises publiques autonomes. Il serait bon d'y instaurer des élections sociales. Mais il faut aller plus loin sur d'autres dossiers.

A quel propos?

Nous voulons qu'on fasse la chasse aux cumuls dans les intercommunales, les entreprises publiques autonomes, parmi les parlementaires et les bourgmestres. Des textes légaux seront déposés.

Avec quel contenu?

Je refuse qu'on continue à bloquer une réforme des cumuls des parlementaires avec d'autres mandats simplement parce que, par exemple, un chef de groupe socialiste au Parlement wallon en a un auquel il tient beaucoup dans les Tec Namur-Luxembourg. Il faut pouvoir dépasser ça! Je suis sûr qu'on a une bonne partie de l'opinion publique derrière nous. Même chose sur la déontologie.

En quel sens?

On va déposer une proposition de code déontologique des parlementaires, comme au Parlement flamand. Plus question pour un parlementaire d'envoyer un courrier à un citoyen pour lui faire croire qu'il est intervenu en sa faveur dans un dossier. Fini aussi le clientélisme: si un citoyen a une difficulté, le parlementaire doit l'orienter vers le bon service ou vers un médiateur, plutôt que d'intervenir lui-même.

Et pour les intercommunales?

Il faut une transparence totale des rémunérations, comme dans les entreprises publiques autonomes. Il y a aussi des mandats privés et publics incompatibles: diriger un service d'un hôpital important tout en étant député permanent, ce n'est pas possible, on n'a pas le temps. Il faut aussi un accord pour changer la Constitution après les élections pour instaurer le référendum.

Curieusement, vous ne citez pas le droit de vote des non-Européens. Ce n'est plus une priorité absolue?

Bien sûr que si! Le VLD y est un gros gros obstacle. Mais ne nous laissons pas trop impressionner par la menace de crise de son président. Laissons travailler le Parlement (où une majorité alternative est possible avec le PSC, ndlr). J'imagine mal le VLD, qui se prétend parti du citoyen, s'y opposer.

Et si rien n'a bougé d'ici à votre assemblée générale de mars qui évaluera les acquis de votre participation au pouvoir, ce sera la crise?

Ce n'est pas nécessairement la bonne méthode d'envoyer des ultimatums ou des menaces en permanence.

Pour les acquis sociaux dans le budget 2002, pourtant, vous le faites. C'est moins important ici?

Le budget est un enjeu de janvier sur lequel il faut être ferme immédiatement. Sur les droits des étrangers, ce qui comptera en mars, c'est de les avoir fait avancer au sens large. Grâce à la régularisation des sans-papiers, par exemple, des dizaines de milliers de personnes ont aujourd'hui une carte d'identité. Il y a peu, c'était inespéré.