Jonathan Borlée, au couloir 3, ferasa course. Et Usain Bolt, la sienne…

DIAMOND LEAGUE DIAMOND LEAGUE OSLO Il y a, d’un côté, les athlètes qui, lassés de devoir se confronter à un adversaire hors catégorie, subissent la situation. Ceux qui, au mieux, voient le roi s’envoler du coin de l’œil et qui, au pire, n’aperçoivent que son dos en course, se raccrochant à l’espoir un peu fou qu’il connaisse un jour sans. Et puis, il y a les intermittents. Ces athlètes qui apprécient de se retrouver face au maître du sprint et parviennent à savourer ce moment rare.

Même s’il affirme que “ce n’est pas à Bolt que je ferai le plus attention”, Jonathan Borlée émarge plutôt à cette seconde catégorie. Descendu du 400 m pour s’aligner ce jeudi soir (21h48) sur 200 m (son troisième en 2013), une épreuve qui s’apparente à un bonus pour lui qui ne l’avait pas inscrite à son programme, le Bruxellois va se mesurer à Usain Bolt pour la seconde fois de sa carrière… mais pour la première fois sur une distance olympique.

“Quand on m’a fait la proposition lundi, on en a un peu discuté dans la perspective de nos entraînements, mais je n’ai pas hésité à venir. Je suis content de courir ce 200 m : en Diamond League, c’est toujours sympa !” explique Jonathan, qui a hérité du couloir 3. “Je crois que si j’arrive à être plus dynamique qu’à Rabat en début de course, à effectuer une bonne sortie de virage et à terminer aussi bien, je pourrais réussir mon meilleur temps (NdlR : 20.73 actuellement). Même si le froid qui règne ici, à Oslo (14°), ne favorise les bons chronos...”

Usain Bolt dispute, lui, ce soir son premier 200m de l’année à Oslo, comme ce fut le cas en 2011 : sous la pluie, il avait réalisé un chrono de 19.86 (le record du stade de Frankie Fredericks est de 19.82). Son ambition est de descendre sous les 20 secondes et de s’emparer de la meilleure performance de la saison. “Bolt avait été très impressionnant à Ostrava, en 2010, lors de notre première confrontation, échouant de très peu face au record du monde du 300 m”, se souvient Jonathan. “Clairement, on n’évolue pas dans la même catégorie. Cette fois, je pars derrière lui, au moins je ne serai pas surpris de le voir passer. Chacun fera sa course et c’est très bien comme ça !”

De son côté, Kevin Borlée, peut-être le plus affecté par les résultats du début de saison, va retrouver le vice-champion olympique, Luguelin Santos, ainsi que le surprenant athlète saoudien Youssef Ahmed Masrahi (44.72 à Doha  !). Avec l’espoir de jouer les tout premiers rôles au terme d’une course bien maîtrisée…

Laurent Monbaillu