Le projet d'une tour bureaux abandonné. Pas la valorisation du site

LIÈGE Le jardin des Trois Fontaines était l'objet de toutes les discussions dans le quartier du Laveu. Les riverains ont réagi au quart de tour quand ils ont appris qu'un projet de construction d'une tour de 80 mètres de haut pour des bureaux y était prévu! Une lettre a été envoyée au service de l'urbanisme de la ville pour «refuser catégoriquement ce projet.» Plusieurs arguments étaient avancés tels que la démesure, le choix du lieu et aussi la non consultation du quartier du Laveu. Le 5 juin dernier, une réunion publique d'information a permis aux opposants d'exposer leurs griefs.

Mais le souffle est retombé depuis lors. L'auteur du projet, l'architecte Daniel Dethier, avait proposé cette tour pour le groupe Arcelor qui souhaite implanter ses services administratifs à Liège. Son projet n'a finalement pas été retenu. Mais trois autres restent en lice, situés eux aux Guillemins, au Val Benoît et à Ans.

Valorisation du site

Reste que Daniel Dethier, qui habite aussi le quartier du Laveu, ne veut pas «jeter à la poubelle ce qui a été fait.» Selon lui, le site des Trois fontaines a des qualités. «Il est proche de l'autoroute, de la gare et du centre-ville. On peut aller à pied au Palais des Congrès! Il se situe également à la jonction entre un quartier résidentiel et la rue Louvrex et environs où se mêlent habitat et professions libérales.» L'architecte se dit convaincu que le site doit être valorisé pour conserver à Liège un centre d'activités. «Je crois que si on ne prend pas la situation en main, elle va se dégrader.»

Les membres du comité de quartier, quant à eux, estiment qu'il faut garder aux Trois Fontaines un espace vert. «Il n'y a pas besoin de surface de bureau à cet endroit à partir du moment où il existe rue du Plan Incliné des bâtiments à valoriser comme La Poste, ABX, explique Dominique Boni. Et puis, il y a d'autres bureaux inoccupés à Liège.»

Le comité de quartier, qui reste désormais vigilant, ne veut pas non plus voir s'accroître le transit de véhicules, qui accompagnerait l'implantation de nouvelles activités. Sauf si un projet éventuel comportait aussi la création de parkings complémentaires. L'architecte estime pour sa part qu'il est possible de proposer un projet «moins important mais tout aussi attractif.» Il a d'ailleurs laissé courir la procédure de demande de permis d'urbanisme pour la construction d'un immeuble.

© La Dernière Heure 2003