Ses dirigeants n'ont toujours pas digéré

les perquisitions

de décembre 1996

dans l'affaire Dutroux

BRUXELLES Ce mercredi matin, deux dirigeants de l'Institut Abrasax - qui n'est pas une secte mais plutôt une école d'enseignement par correspondance de diverses magies et sorcelleries - Dominique Kindermans et Francis De Smedt se rendent à Neufchâteau avec leur avocat, Marcel Chardon. Ils demanderont à être reçus au parquet de Michel Bourlet pour y déposer une requête comme l'y autorise l'article 5 bis du Code de procédure pénale, une déclaration de partie lésée.

Abrasax, dont le siège est installé à Forchies-la-Marche, a fait la une de l'actualité. C'était le 21 décembre 1996, quatre mois après les débuts de l'affaire Dutroux & Co. Dans le chalet de Bernard Weinstein, le complice assassiné de Dutroux, des policiers avaient trouvé la photocopie pliée en huit d'un bout de papier sur lequel il était fait référence à la grande prêtresse. Le document était signé Anubis.

Chez Abrasax, la grande prêtresse, c'est Dominique Kindermans. Anubis, Francis De Smedt. Du coup, la cellule d'enquête de Neufchâteau avait cru devoir descendre en force au siège d'Abrasax? Cette nuit-là, des policiers pensaient qu'ils allaient exhumer des cadavres de bébés sacrifiés au Malin. Il n'en était rien, bien sûr. L'enquête se fourvoyait complètement...

Les enquêteurs sont rentrés bredouilles. Mais la réputation d'Abrasax en a pris un sacré coup!

Cinq ans qu'Abrasax souhaite rétablir son honneur. Ses dirigeants sont bien décidés aujourd'hui encore à ne pas en rester là. Pour Abrasax, l'enquête s'est fourvoyée à deux niveaux. Elle ne désespère pas de voir la justice reconnaître qu'elle s'est trompée.

D'abord, Abrasax a souffert de fuites dans la presse. Ses responsables affirment - et ce qu'ils disent est exact - que les médias étaient informés de ce qui se préparait avant même que ne débutent les perquisitions. Le Comité P mène l'enquête. Mais surtout, Abrasax soulève un vrai scandale. Elle se demande d'où provient le prétendu papier trouvé chez Bernard Weinstein. Il est établi que Weinstein n'a jamais eu le moindre contact avec Abrasax. Après ces années d'enquête, Abrasax est persuadée avoir été victime d'un montage policier: un enquêteur, dit-elle, a délibérément déposé ce faux indice dans le chalet Weinstein (ou à la brigade de gendarmerie de Jumet) dans le seul but d'orienter les soupçons sur elle. Nous n'avons pas la preuve, bien sûr, mais nous croyons même avoir identifié le gendarme - toujours d'ailleurs en activité - responsable du montage.

C'est bien le sens de la démarche entreprise ce matin par les responsables d'Abrasax auprès du parquet chestrolais.