Chantal Jordan n'est plus candidate à la direction administrative des pompiers

BRUXELLES Ce jeudi, le gouvernement a nommé Charles De Sneyder au poste de chef de corps des pompiers de Bruxelles. Poste qu'il occupait déjà ad interim depuis trois ans. S'il a le soutien de nombreux pompiers, il faut souligner qu'il traîne derrière lui une affaire de tract électoral à caractère raciste qu'il a signé en 1995 que certains ont du mal à digérer.

La candidate au poste de direction administrative du corps écartée par Benoît Cerexhe (CDH), ministre en charge des pompiers, parce qu'un recours au Conseil d'Etat lui pendait au nez, aurait elle aussi, vu son sort réglé. Chantal Jordan aurait carrément retiré sa candidature.

Pour rappel, l'arrêté de nomination de Chantal Jordan à la direction des ressources humaines a été mal motivé en 1999. Hubert Van Den Mosselaere, candidat pour le même poste, se sentant lésé, a introduit un recours. Dans ce dossier, l'auditrice du Conseil d'Etat a émis un avis défavorable pour Chantal Jordan qui pouvait ainsi perdre son grade A 3. Et ainsi ne plus être dans les conditions pour postuler pour la direction administrative.

Hier matin, une décision devait tomber dans cette affaire. «Mais voilà coup de théâtre, s'exclame Eric Labourdette, président de la section SLFP des pompiers. La veille, le gouvernement a retiré l'arrêté en question pour le remplacer par un autre motivé comme il se doit et avec effet rétroactif. En échange, Chantal Jordan serait écartée du corps des pompiers. Je n'ai jamais vu de telles pratiques. Même si c'est légal, faire ce genre de choses juste la veille de l'audience, ce n'est pas très net.»

Hier soir, Eric Labourdette était écoeuré parce qu'il appelle un «sale deal passé entre ministres. Pour que Benoît Cerexhe n'ait plus Chantal Jordan entre les pattes et pour qu'elle n'introduise pas de recours les socialistes ont demandé qu'elle ait une porte de sortie honorable. Et donc ils se sont arrangés pour que le recours intenté contre elle tombe. Le requérant étant un de mes affiliés, je ne lâcherai pas l'affaire et irai en appel de cette décision!»

Nous avons contacté hier les cabinets du ministre-président socialiste Charles Picqué et de Benoît Cerexhe qui n'ont pas souhaité faire de commentaires. Chantal Jordan n'a pas non plus souhaité commenter cette nouvelle affaire

© La Dernière Heure 2006