Le PS dit non au projet, mais accepterait une majorité alternative

BRUXELLES Le Bureau du PS s'est repenché, lundi, sur le projet de loi sur les repentis du ministre de la Justice, Marc Verwilghen (VLD). Il envisage d'offrir une amnistie à des condamnés acceptant d'aider la justice dans une affaire en cours.

Le Parti socialiste a répété que malgré la meilleure volonté du monde, le projet était, en l'état, inacceptable à ses yeux.

Il estime que le dossier doit quitter la table du gouvernement pour être débattu au Parlement où chacun aura à se prononcer en son âme et conscience. Mais où - surprise - les Rouges accepteraient sans broncher que le texte soit voté par une majorité alternative!

Cela nous indiffère, assure le président Di Rupo qui clame en avoir assez que son parti soit présenté en Flandre comme celui qui bloque le projet. Il réfute aussi qu'il s'agisse d'un troc visant à demander au VLD de débloquer de son côté le dossier du droit de vote des non-Européens.

Marc Dutroux a fait savoir à un sénateur qu'il avait des choses à dire, explique-t-il. Si une législation sur les repentis existait, en voilà un cas typique! Et de poursuivre: La société belge serait-elle prête à accorder à cet individu des remises de peine, voire à lui garantir un anonymat? Mais on se moque de qui?!!!

Quelques minutes plus tard, se défendant de tout amalgame douteux, il reconnaîtra néanmoins que Marc Dutroux n'était pas dans les conditions du témoin repenti puisqu'il n'est même pas condamné. Sur le fond, le PS dit avoir longuement examiné les avis émis. Le collège des procureurs du Roi dit qu'un projet ne pourrait fonctionner que si l'anonymat est garanti au témoin, résume M. Di Rupo. Or, le Conseil de l'Europe dit que le repenti doit pouvoir être identifié pour permettre à la défense de replacer ses déclarations dans un contexte. Il y a donc une différence fondamentale.

Haro sur Verwilghen

Mais M. Di Rupo s'en prend aussi très durement à Marc Verwilghen. Outre ses reproches très durs finalement retirés dans l'affaire Dedecker-Dutroux (lire en page 16), il dit le PS fatigué par l'immobilisme du ministre et de certains parlementaires flamands peu soucieux de résorber l'arriéré judiciaire à Bruxelles où les francophones subissent un véritable déni de justice.

On entretient l'opinion avec des propos sur les repentis mais en attendant, il y a toujours autant de car-jackings ou autres agressions", note-t-il. Il épingle des projets favorables aux usagers de la langue de Molière qui curieusement n'avancent pas, à l'inverse de ceux destinés aux adeptes de celle de Vondel.

Il demande un audit d'une société indépendante pour voir si vraiment les affaires traitées en flamand représentent 33% des dossiers alors que la population néerlandophone de la capitale oscille entre 10 et 15%. Il remarque aussi que, dans le plan de sécurité du ministre de la Justice, 3/4 des mesures ne sont pas prises. Il annonce enfin la convocation d'un congrès extraordinaire du PS sur la justice et la sécurité les 9 et 10 mars prochains.