La conjuration primitive est le premier volet de la nouvelle trilogie de Chattam

LA CONJURATION PRIMITIVEMAXIME CHATTAM Au fil d’une carrière riche de près de 20 livres, Maxime Chattam nous avait habitués à la noirceur. Mais ce n’était rien comparé au roman qu’il nous offre pour cet été, et qui va flanquer un sérieux coup de froid même sous les tropiques… Car dans La conjuration primitive, l’auteur français imagine une sorte d’internationale du crime, un réseau de serial killers à l’échelle européenne et même mondiale.

Ces prédateurs-là tuent, dépècent, violent et détruisent avec un plaisir barbare. Qui n’est pas du tout celui de l’auteur lorsqu’il imagine leurs méfaits. Et ce, même si son bureau ressemble un peu à un musée des horreurs de la fin du 19e siècle. “Mis à part l’ordinateur…”

D’emblée, et avec un sourire dont il se départit rarement – contrairement à ce que pourrait faire croire la photo ci-contre –, il cite Stephen King. “J’ai réussi avec mes idées noires à gagner de l’argent là où, en théorie, ça aurait pu m’en coûter beaucoup en psychanalyse.” Mais, blague à part, lui, ce qui l’intéresse vraiment, c’est de comprendre ce dont l’homme est capable, lorsqu’il s’agit du pire.

“Vers 20 ans, j’ai commencé à m’intéresser aux tueurs en série, qui sont capables du pire, justement, et qui, dans 95 % des cas, ne sont pas fous. Et donc, responsables de leurs actes, conscients du bien et du mal. Je me suis demandé comment quelqu’un pouvait un jour se dire Moi, je vais torturer des gens, les découper, les faire souffrir et je vais adorer ça. Mieux, ça va me faire jouir. Si on n’est pas fou, alors, c’est quoi, le problème ?”

À force de lectures et de recherches – et d’études, de psychiatrie criminelle et de criminologie, notamment –, il se rend compte qu’il existe de nombreuses théories, mais qu’aucune n’était la bonne. “Les enfances terribles, ça ne donne pas forcément des tueurs en série. Alors, je me suis demandé si c’était là que s’ouvrait la porte vers le mal. Et pourtant, je ne suis pas très croyant…”

C’est donc comme ça que tout a commencé et c’est dans ses livres qu’il s’est mis à proposer des hypothèses. “Les Russes m’appellent L’explorateur des ténèbres. Au début, je trouvais ça un peu exagéré, mais d’une certaine manière, ils n’ont pas tort. Je passe mes journées à écrire sur le sujet… La conjuration primitive est le premier d’une nouvelle série, là je jette des bases”, dit-il. “Quand je suis avec le tueur, je suis dans la technique, comme un légiste face à un cadavre”, explique-t-il. “Même un tueur en série a un cœur, ça reste un être humain. De temps en temps, je regarde un enfant passer dans la rue et je me dis qu’un jour ce sera peut-être un adulte formidable. Mais un jour, peut-être que ce sera un tueur en série…”

Interview > Isabelle Monnart Maxime Chattam, La conjuration primitive, Albin Michel