Un des ennemis publics belges ne semble pas près de sortir de la Défense sociale de Tournai

TOURNAI Le 4 mars 1999, la chambre des mises en accusation de la cour d'appel de Bruxelles décidait l'internement de Patrick Derochette, le violeur et l'assassin de la petite Loubna Benaïssa, retrouvée le 6 mars 1997 dans une voiture garée dans le garage de sa station-service à Ixelles.

Et en août 1999, après avoir passé quelques mois à l'annexe de la prison de Forest, ce triste sire, ennemi public et haï de l'ensemble de la population, était interné à l'établissement de Défense sociale de Tournai.

Contrairement à certains bruits qui ont couru à un certain moment, Patrick Derochette n'est jamais sorti de l'enceinte de cette prison pour déséquilibrés mentaux et rien, à l'heure actuelle, ne laisse entrevoir la moindre possibilité de sortie pour Derochette.

L'opinion publique, de toute manière, ne l'accepterait pas. «L'éventualité de sortie accompagnée ou de retour dans la société n'est pas du tout à l'ordre du jour, assure le médecin-chef de l'EDS, Alexandre Dailliet. Cette décision est du ressort de la commission et il est évident qu'en ce qui concerne Patrick Derochette, la plus grande prudence est de mise»

Pour le personnel des Marronniers, Patrick Derochette est un patient comme les autres. Hormis le fait qu'il suscite un traitement médiatique particulier en raison de l'atrocité des faits qu'il a commis, l'assassin de la petite Loubna qui, rappelons-le avait déjà été condamné en 1984 pour avoir commis des actes de pédophilie sur de jeunes garçons, n'est pas un cas médical à part.

Il serait même un interné assez calme. «Il n'a jamais foutu le b souligne Alexandre Dailliet. Il ne fait pas l'objet d'inquiétudes particulières. Il est suivi, traité et évalué régulièrement, comme les autres internés. La seule différence par rapport aux autres, c'est qu'il est un cas difficile sur le plan médiatique car il est très convoité. C'est bizarre, d'autant qu'il y en a d'autres qui ont commis des crimes aussi graves si pas plus et qui ne suscitent aucun intérêt de la part des journalistes»

On n'en saura pas beaucoup plus sur la personnalité de Patrick Derochette, le médecin-chef étant tenu au secret médical. Ce que l'on sait, c'est qu'il est un peu la star du pavillon dans lequel il se trouve et où il est confiné pour longtemps encore Du moins, c'est à espérer

© La Dernière Heure 2003