L'un des plus anciens et vénérables estaminets de la capitale agrandi

BRUXELLES `La famille Vossen, c'est Bruxelles. Savez-vous que la rue des Renards n'a pas lieu d'être? C'est une mauvaise traduction de la Vossenstraat, la rue Vossen, où se trouvait la respectable brasserie familiale. Et que dire de la Vossenplein devenue place du Jeu de Balle?´, nous apprend le didactique maïeur Freddy Thielemans à l'inauguration.

Tout ça pour dire que la Mort subite renaît une deuxième fois avec l'inauguration de son premier étage. Ce fameux premier étage dont beaucoup ont parlé mais qu'on attendait toujours, explique Bernard Moucharte, arrière-petit-fils de Théophile Vossen, le fondateur.

Nous étions les premiers à vous dévoiler le projet des patrons actuels, Bernard Moucharte et son beau-frère Olivier Hautfenne, 4e génération de Vossen: Rénover l'estaminet de la rue Montagne aux herbes potagères, ouvert en 1928, dans le plus profond respect de l'oeuvre architecturale néo-Louis XVI de Paul Hamesse. Un architecte bien connu dans l'Art nouveau, à qui l'on doit le majestueux Kladaradatsch et l'étonnant De Ultieme Hallucinatie .

Les premiers locaux de la famille furent moins impressionnants. Théophile a fait ses premières armes derrière les pompes d'un café rue Neuve en face de l'église du Finistère. Il le quittera pour réaliser son rêve: brasser son propre lambic et le faire consommer. Ce sera la Cour Royale , un chouette cavitje où l'on tuait le temps en levant le coude et en jouant au pitjesbak. Quand on était pressé, la dernière partie s'appelait la mort subite . Vossen conservera le nom pour son café en déménageant à l'emplacement actuel, toujours dirigé par la famille alors que la brasserie a été reprise par De Keersmaeker et puis Alken-Maes.

Dans une maison classée et chargée d'histoire, il fallait conserver le rez de l'estaminet en l'état. Les miroirs patinés, les colonnes début du siècle, pas question d'y toucher. La rénovation a porté sur les cuisines, sanitaires et l'ouverture du premier étage, aménagé dans l'esprit du rez: Colonnes, miroirs et puits de lumière, tout y est pour faire passer dans un autre siècle encore l'un des endroits et l'un des noms les plus célèbres de notre histoire brassicole.

© La Dernière Heure 2002