Flight. 20 minutes épatantes et puis le film s’écrase en même temps que l’avion

DRAME FLIGHT RÉSUMÉ. Whip Whitaker devrait être un héros. L’incroyable manœuvre de retournement tentée alors que son avion tombait à pic a permis de sauver la vie à un nombre incroyable de personnes. Seuls 6 des 200 passagers ont péri lors de l’atterrissage. Un vrai miracle. Mais en guise de célébration, il a juste droit à une commission d’enquête. Qui salue l’exploit réalisé tout en s’étonnant des traces importantes d’alcool et de drogue révélées par les examens pratiqués à l’hôpital.

((;;;

NOTRE AVIS. Une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne : après les échecs artistiques du Pôle express, de La légende de Beowulf et du Drôle de Noël de Scrooge, Robert Zemeckis arrête enfin les films d’animation en capture de mouvement. La mauvaise : il n’a pas retrouvé l’inspiration de Forrest Gump, Seul au monde, Retour vers le futur ou Qui veut la peau de Roger Rabbit ?

Les vingt premières minutes laissent pourtant espérer le meilleur. À l’intérieur de l’avion en perdition, il parvient à donner le grand frisson, à faire ressentir les crispations du ventre à chaque trou d’air, à restituer le sentiment de panique des passagers.

Jusqu’au crash, c’est vraiment impressionnant. Mais ensuite, dès que le passé d’alcoolique et de toxicomane est révélé, Flight vire à la guimauve, au film de prétoire archiprévisible avec grands sentiments et l’indispensable repentir d’un homme qui n’en peut plus de mentir à tout le monde. Mais autant Robert Zemeckis rendait Tom Hanks émouvant et interpellant dans Seul au monde, autant on se fiche complètement de ce qui arrive à Denzel Washington dans le cas présent. Sa vie paraît cousue de fil blanc, ses états d’âme aussi, et son comportement arrogant et incontrôlable ne pousse pas à l’empathie.

Plutôt que de mettre le doigt sur ces métiers où le stress ne peut parfois plus être assumé qu’avec l’aide de l’alcool ou de substances illicites, Robert Zemeckis se montre incapable d’élargir le propos pour se concentrer sur les déboires d’un homme en chute libre. Tout en n’abordant que très superficiellement sa psychologie. Difficile de comprendre, dans ces conditions, pourquoi ce film hollywoodien banal dure aussi longtemps. Il est grand temps que Robert Zemeckis revoie ses premiers films qui, eux, nous envoyaient en l’air sans jamais s’écraser lourdement.

P. L.

Flight

Drame

Réalisé par Robert Zemeckis

Avec Denzel Washington, Don Cheadle, Kelly Reilly, John Goodman

Durée 2h18

Denzel Washington, un pilote un peu trop porté sur les substances illicites.upi