Du côté de l’ambassade américaine à Bruxelles, c’est le calme plat. Pas tellement aux États-Unis

SCANDALEÉTATS-UNIS Accusé par un rapport d’enquête interne d’avoir fait appel à des prostituées – et des mineurs –, l’ambassadeur américain auprès de la Belgique s’en tient à sa déclaration originale : “Des rumeurs sans fondement.”

Selon une source proche de l’enquête initiale, l’ambassadeur a déjà quitté sa résidence de nuit sans prévenir la sécurité. Ses protecteurs ne l’ont jamais vu commettre d’acte répréhensible et, interrogé par après, M. Gutman a indiqué qu’il lui fallait simplement prendre l’air.

De l’autre côté de l’Atlantique, toutefois, les questions ont fusé. Tant auprès du département d’État, qui chapeaute la diplomatie US, qu’auprès de la Maison-Blanche. De nombreux médias américains se sont d’ailleurs fait l’écho des révélations de CBS et du New York Post. Des commissions du Sénat et de la Chambre ont également ouvert des enquêtes.

De son côté, le New York Times s’est montré beaucoup plus prudent, sans citer aucun nom et en rappelant qu’aucune affaire ne dépassait le stade “de rumeurs et d’ouï-dire”, qui ont pu se propager au sein des détachements de sécurité des ambassades, par exemple.

Cela n’a en rien empêché de remettre sur la table un vieux dossier : celui du siège vide au poste d’inspecteur général du département d’État, depuis 2008. D’autres administrations américaines sont dans le même cas.

Car si tant du côté de la diplomatie que de la Maison-Blanche on répète inlassablement que “des enquêtes sont en cours” mais qu’aucune des allégations ne permet de tirer de conclusions, le malaise est là.

En premier lieu, il concerne le département d’État lui-même. Et, par extension, son service de protection, dont l’indépendance est remise en question. Une nouvelle affaire a ainsi fait son apparition : celle d’une enquête empêchée par un haut fonctionnaire.

Selon les fuites relayées par le New York Post à nouveau, des pressions auraient été faites pour bloquer des enquêteurs de faire la lumière sur la mort de quatre personnes au Honduras, présumées tuées avec le soutien du département d’État, qui nie toute implication.

En second lieu, c’est l’ancienne responsable de cette partie de l’administration Obama qui est visée. Hillary Clinton était en effet en charge du département d’État jusqu’en février dernier. En outre, son éventuelle participation à la course présidentielle de 2016 a déjà fait couler beaucoup d’encre. Elle a quant à elle assuré ne pas être au courant.

La Maison-Blanche se refuse, logiquement, à préjuger de quoi que ce soit, du moins tant que les allégations du fameux rapport resteront sans preuves. Tout en assurant que la politique du président Obama demeure “la tolérance zéro”.

J.-B. M.