La Spaque a procédé au dynamitage de la tour de dilution de cette friche industrielle à Houdeng

HOUDENG-GoeGNIES Gigantesque et imposante, l'usine SAFEA l'était assurément. Construite fin des années 20, début des années 30, la société anonyme de fabrication d'engrais azotés est un mythe. Ses tours, que l'on apercevait depuis l'autoroute faisaient d'elle, la cathédrale des friches industrielles parmi les photographes amateurs de bâtiments abandonnés. Hier, la Spaque a tout simplement signé la fin d'une époque, en procédant au dynamitage de la tour de dilution.

Trois kilos d'explosifs, répartis en quatre charges sur les piliers de la tour ont eu raison de celle-ci. En deux fois cependant. L'une des mèches a fait long feu, obligeant les artificiers de la Spaque à un deuxième essai. La tour s'est abattue dans un nuage de poussières flottantes, sous les yeux de quelques riverains, ceux du ministre wallon de l'Environnement, Benoît Lutgen, du bourgmestre de La Louvière Willy Taminiaux, accompagné de l'échevin de l'Environnement, Georges Haine.

Trois phases de réhabilitation

La démolition de cette tour, destinée à l'épuration des gaz bruts produits par les usines Boël toutes proches et l'abattage consécutif, par traction, d'un autre bâtiment de l'usine correspondent à la première des trois phases de réhabilitation de cette friche industrielle de 28 ha.

Le chantier de 450 jours ouvrables, a débuté en novembre 2005 et qui se poursuivra jusqu'à la fin de cette année. Son coût s'élève à 11 millions d'euros. Il prévoit trois phases de réhabilitation. D'abord, la déconstruction sélective des bâtiments de l'ancienne usine (avec ses gazomètres, ses cuves et ses hangars). Ensuite, une deuxième phase d'assainissement des sols et des sous-sols, avec leur traitement et le confinement si nécessaire. Enfin, la réhabilitation de la décharge voisine de 11 ha. "Un dôme sera érigé au-dessus de celle-ci afin de mettre hors portée d'eau, la masse des déchets", précise Philippe Adam, directeur de la Spaque. Le site industriel s'étend quant à lui sur 17 ha. Près de la moitié des bâtiments ont d'ores et déjà été démantelés.

La caractérisation du site a été initiée en 2001. On y a découvert des déchets en provenance d'aciéries, (scories, etc.), mais aussi des feuilles de plastiques, des ferrailles du bois, des chiffons goudronnés, des huiles minérales, des hydrocarbures, des cyanures et autres amiantes. "Une fois assaini, le site sera remis à l'IDEA. Le projet le plus prééminent est l'extension de Garocentre", souligne encore Philippe Adam. SAFEA est l'une des 107 friches industrielles existantes à La Louvière, avec le site Cabay-Jouret à Haine-Saint-Pierre, les boulonneries Boël à Houdeng et Boch Kéramis à La Louvière. Il est aussi l'un des 15 sites prioritaires désignés par la Région wallonne.F. Sch.

La tour de dilution de la société anonyme de fabrication d'engrais azotés d'Houdeng-Goegnies (SAFEA), a été dynamitée par la SPAQUE, lundi après-midi. Et un autre bâtiment a été abattu par traction. Une destruction impressionnante. (AVPRESS)