Andrea Mutombo a préféré les entraînements aux vacances

Sans doute est-ce là le cri des racines. Sans doute est-ce aussi celui du ballon. Car alors que ses équipiers du HNK Rijeka (Croatie) profitaient dignement de leur billet qualificatif pour l’Europa League, Andrea Mutombo avait opté de son côté pour la formule vacances actives : du football, du football et encore du football. “Même si j’ai appris que je devais ménager mon corps, c’est plus fort que moi. Après deux jours, j’ai les genous qui grattent; cela pique de partout. J’ai besoin de jouer.”

Le temps d’une parenthèse, Andrea Mutombo retourne alors faire ses gammes du côté de l’Académie de Seth Nkandu aux côtés de jeunes prodiges, de joueurs sans contrat ou d’espoirs confirmés (Jonathan Vervoort, Julien Vercauteren…).

Andrea, pourquoi passez-vous vos vacances ici ?

“C’est ici que tout a commencé. Avant, je passais véritablement ma vie à l’Académie. C’était sept jours sur sept, non-stop. Maintenant, j’ai l’impression que cela fait simplement partie de mon éducation footballistique. Mon corps est habitué à ça. Il en redemande d’une certaine façon.”

Mais vous vous retrouvez à vous entraîner avec des joueurs qui n’ont pas le même statut que vous ?

“Peut-être mais ce sont des joueurs que j’ai vu grandir ici. Quelqu’un comme Julien Ngoy (Bruges), je l’entraînais à ses débuts ici. Aujourd’hui, il joue avec moi. Il y a bien plus qu’une dimension footballistique. C’est de l’affectif.”

Vous n’en avez pas marre après une saison aussi chargée ?

“Non, parce que le contexte est complètement différent. Ici, il y a clairement une certaine discipline mais ce n’est pas la même chose qu’en club. Quand je viens ici, c’est un peu une manière de retrouver de l’inspiration, de tenter de nouvelles choses. Pour moi, c’est un peu comme retourner à l’Agora où l’on jouait dans les parcs quand on était petit.”

Malgré votre carrière, revendiquez-vous encore cette étiquette de joueur de parc ?

“Bien sûr. Je sais que pour beaucoup de gens, cela résonne de façon péjorative. Mais il ne faut pas oublier que tout part de là. Qu’il s’agisse d’Hervé (Kage), Michy (Batshuayi) ou Geoffrey (Mujangi Bia), on sait que toute notre base technique vient de là. C’est une énorme fierté. Même s’il manque parfois au football des parcs un côté structuré, toute la base vient de là.”

Certains risquent de se poser des questions en vous voyant vous entraîner avec des jeunes...

“Cela fait longtemps qu’on a appris à ne plus se soucier de ce que les gens pensent. Il faut toujours se souvenir d’où l’on vient. L’important, c’est le point d’arrivée. Peu importe le chemin.”