3 Grandeur et décadence Finale meurtrière entre Flamengo et Botafogo

Pendant 40 ans, après le Mondial 50, le Maracanã est l’écrin dans lequel brillent les plus beaux joyaux du football brésilien : Pelé, Garrincha, Roberto Dinamite, Zico et Romario. Mais avec le temps, l’écrin perd de sa splendeur. Jamais réellement entretenu par des fonctionnaires qui y travaillent torse nu et en short (!), il menace de tomber en ruines.

Dès les années ‘80, on constate des infiltrations d’eau dans les murs. Après le passage de Frank Sinatra, du groupe Kiss et une messe célébrée par Jean-Paul II, la pelouse est pleine de trous. Comme les plans sont imprécis, les ouvriers ne trouvent qu’avec énormément de difficultés les tuyaux de drainage.

Le 19 juillet 1992, à l’occasion de la finale du championnat brésilien entre Flamengo et Botafogo, une barrière du premier étage cède sous la pression du public et une centaine de personnes effectuent le grand plongeon. Par miracle, trois d’entre elles seulement meurent.

D’importants travaux d’aménagement sont alors entrepris mais on reste loin du niveau que l’on est en droit d’attendre d’un stade de cette envergure. Au point que la Fifa menace : si le stade n’est pas sécurisé, le match de qualification pour la Coupe du monde 1994 entre le Brésil et l’Uruguay n’aura pas lieu au Maracanã. L’organisme qui gère le football mondial impose notamment des places assises numérotées qui n’arriveront… qu’en 2000, à l’occasion du premier Mondial des clubs.