Les deux dénonciateurs jouissent de la même aura, mais sont très différents

Le hacker américain qui a dénoncé le soldat Bradley Manning, 26 ans, a été entendu cette semaine dans le cadre de la cour martiale du dénonciateur. Adrian Lamo a ainsi expliqué comment s’est déroulée leur discussion, lorsque Manning a voulu transmettre des documents confidentiels.

L’ancien pirate – déjà condamné à six mois de prison il y a quelques années – a dressé le portrait d’un homme détruit. En proie à un conflit de conscience, mais jamais d’un traître dont le souhait était de nuire aux Etats-Unis.

Le résultat de cette rencontre (virtuelle, tout s’est fait sur la toile) est connu. Des milliers de documents ont fuité et sont apparus sur le site Wikileaks. Pour cela, Manning encourt une peine de prison à vie.

Comme lui, Edward Snowden jouit d’une popularité mondiale. Son acte a permis la prise de connaissance d’informations jusque-là inaccessibles. Tous deux sont d’ailleurs soutenus par des manifestations et par Julian Assange, fondateur de Wikileaks et toujours réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres.

Les points communs s’arrêtent pratiquement là. Alors que le soldat était analyste et directement confronté aux documents confidentiels, Snowden était lui informaticien. En principe, il ne devait pas avoir accès aux informations qu’il a révélées.

Qui plus est, ce dernier n’a apparemment pas tout dit. En outre il a dénoncé des systèmes de collectes de données – et non des données elles-mêmes, qui étaient déjà plus ou moins supposés existants, ne fût-ce que parce qu’ils sont établis en vertu des lois américaines, qui elles ne passent pas inaperçues.

Enfin, Manning reconnaît avoir commis des faits répréhensibles. Contrairement à Snowden qui s’en tient au discours idéaliste de vouloir susciter le débat. Pour le coup, c’est sans doute le dernier point commun que partagent les deux hommes. À l’évidence, ils y sont parvenus.

J.-B. M.