Tour d'Italie

Au contrôle antidopage, lundi à Ans, des traces de Probenicide ont été décelées!

CUNEO Pour les suiveurs du Giro, la journée de ce samedi 18 mai n'a pas manqué de rappeler un autre samedi marqué par la sinistrose du dopage, à savoir celui du 5 juin 1999 à Madonna di Campiglio, lorsque Marco Pantani, alors dominateur incontesté du Tour d'Italie à la veille de l'arrivée à Milan, fut exclu de la course au maillot rose en raison d'un hématocrite hors norme.

A l'époque, Stefano Garzelli passait pour être l'un des équipiers les plus zélés de Marco Pantani au sein de la formation Mercatone-Uno. Il était évidemment loin de se douter que près de trois ans plus tard, c'est lui qui allait être rattrapé par une autre affaire liée au dopage. Comme Pantani en 1999, Garzelli conduisait de main de maître le Tour d'Italie.

Vendredi, entre Fossano et Limone Piemonte, il avait encore réduit à néant la force de ses rivaux pour s'imposer comme quatre jours plus tôt à Ans. A Ans, précisément, où ont débuté ses ennuis. C'est en effet au contrôle antidopage qui s'est vérifié au terme de la 2e étape qu'on a retrouvé dans les urines du coureur de l'équipe Mapei-Quick Step des traces de Probenicide. De quoi s'agit-il exactement? Le Probenicide est, en fait, un diurétique déjà ancien qui possède des effets masquants. Il peut donc subtilement maquiller l'utilisation de produits dopants. Ce produit incriminé fut naguère à l'origine de l' affaire Pedro Delgado, vainqueur contesté du Tour de France en 1988, alors que ce produit n'était pas encore interdit par l'UCI.

Samedi matin, donc, l'incrédulité le disputait à l'incompréhension au départ de la 6e étape. Dans un premier temps, Stefano Garzelli décida d'arrêter là son Giro avant de se raviser sous l'insistance de ses patrons, qui parvinrent à le convaincre de poursuivre l'épreuve au moins jusqu'à mardi, lorsqu'on connaîtra le résultat de la contre-expertise. Si celle-ci devait, elle aussi, se révéler positive, j'arrêterais le cyclisme, énonce sans ambages Stefano Garzelli. Comment expliquer la présence de ce diurétique? Il aurait été ridicule que je fasse usage de ce produit. Me prenez-vous à ce point pour un fou? Je ne sais pas comment on a pu en retrouver dans mes analyses.

Effet boomerang pour Mapei, l'équipe... propre du peloton

La consternation, on s'en doute, était énorme à la Mapei. L'équipe du Dottore Squinzi s'est toujours targuée d'être la plus propre du peloton. Il y a trois ans, quand Marco Pantani fut pincé, Giorgio Squinzi ne se montra pas étonné pour un sou, déclarant au passage: Chez nous, une chose pareille ne serait jamais arrivée!

Ce samedi 18 mai, l' effet-boomerang a dû méchamment se faire ressentir, même si à la Mapei, certains comme le manager Alvaro Crespi, parlaient de complot et de machination. Il s'est passé quelque chose à l'hôtel où nous avons logé à Cologne dimanche soir, car plusieurs coureurs et accompagnateurs ont été malades après avoir mangé, explique-t-on à la Mapei.

Les termes complot et machination ont, en tout cas, été très mal perçus par Carmine Castellano, le directeur du Giro. A la place de la Mapei, je serais davantage prudent avant de prononcer certains mots. Soit on avance des preuves, soit on se tait.

Décidément, rien n'est épargné à Carmine Castellano. L'an dernier, le blitz opéré par la Guardia di Finanza et les Carabinieri à Sanremo avaient coupé les ailes à Dario Frigo, 2e du Giro à cet instant-là. Un Frigo qui, quelque temps plus tard, admit avoir fait usage d'EPO. Bref, en Italie, plus rien n'est laissé au hasard pour coincer les tricheurs invétérés...