Un jeune trentenaire dit avoir été passé à tabac par les videurs du Domaine du blé

AGRESSIONWAVRE Que s’est-il passé dans la nuit de vendredi à samedi au Domaine du blé, une boîte de nuit qui a ouvert ses portes en 2011 le long de la N 25 à Wavre ?

D’un côté, Jonathan, un jeune trentenaire habitant la cité du Maca, prétend avoir été tabassé gratuitement par les sorteurs de l’établissement. De l’autre, le patron du Domaine du blé estime que son service de sécurité n’a fait que maîtriser le jeune homme qui se serait montré violent sous l’emprise de la boisson (lire ci-dessous).

Jonathan, qui fréquente les lieux une fois par semaine en moyenne, affirme être arrivé, vendredi soir vers minuit, au sein du Domaine du blé, en compagnie d’un couple d’amis. “Vers 1 h, je suis allé au bar pour prendre des consommations”, explique Jonathan. “À un moment, une musique que j’aimais bien est passée. Dans l’enthousiasme, j’ai eu la maladresse de lever mes mains en l’air. J’ai senti que je heurtais quelque chose. Une lampe est tombée et j’ai juste eu le temps de la rattraper. Je me suis senti très bête sur le moment.”

Quelques secondes après, un sorteur est arrivé. “Il était très énervé et m’a demandé de le suivre pour qu’on s’explique avec le patron. Je l’ai suivi mais, plutôt que de voir le patron, il m’a mis à la porte en m’indiquant que la soirée était finie pour moi.”

Petit problème : Jonathan avait laissé ses clefs à l’intérieur de la voiture de ses amis. “J’ai alors demandé pour aller chercher mes amis. Et c’est là que tout est parti en vrille.”

Selon Jonathan, un homme, qui avait l’air de bien connaître les sorteurs, est alors arrivé. “Ce n’était pas le patron. Il m’a demandé d’un air menaçant si j’avais un problème, si je n’avais pas bien compris le message… Un sorteur m’a alors fait une clef de bras et m’a emmené loin des regards, me faisant me mettre à genoux. Trois sorteurs m’ont alors donné des coups de poing et de genou dans le visage, le cou, dos et le bras. J’ai hurlé. Une fille est arrivée et leur a dit d’arrêter ça. Un sorteur a alors dit : C’est bon, il a eu son compte.”

Quelques minutes après, la police est arrivée. “Les agents n’ont pas voulu acter ma plainte. Ils pensaient que j’étais ivre parce que je restais par terre ! J’étais juste sous le choc. Ils m’ont considéré comme le fauteur de troubles, pas comme une victime.”

Jonathan s’est rendu par lui-même aux urgences où de nombreuses écchymoses ont été relevées sur son corps, en plus d’un fameux cocard à l’œil droit. Vendeur de voitures chez un concessionnaire, il est en incapacité de travail jusqu’au 23 juin. “Difficile de vendre une voiture avec la tête que j’ai aujourd’hui !”

Il a décidé de porter plainte contre l’établissement. “Le patron du Domaine du blé dit que j’étais violent et ivre. Si j’avais fait du grabuge et que j’étais violent, pourquoi la police ne m’a-t-elle dès lors pas emmené au commissariat ? Si j’étais ivre, pourquoi aucun éthylotest n’a-t-il été pratiqué ? Les sorteurs n’ont pas tous les droits. Ils doivent aussi respecter la loi.”

Y. N.