Sans prévenir, l’office du tourisme flamand se scinde des deux autres Régions lors des grands salons internationaux

TOURISME Pour Toerisme Vlaanderen, la régionalisation du tourisme est déjà effective. L’histoire démarre fin du mois mai, à l’issue du salon Imex de Francfort. Depuis des lustres, lors de tels salons internationaux spécialisés dans le tourisme d’affaires et de loisirs, les trois régions se réunissent sur le même stand, sous la même bannière Belgique. Ce gentleman agreement imposé par la gestion fédérale de cette matière est désormais révolu.

Durant le salon Imex , donc, Wallons et Bruxellois ont appris par la bande que Toerisme Vlaanderen avait déjà réservé un stand rien que pour sa pomme pour l’édition 2013. “La location de ce stand devait être renouvelée pour l’an prochain”, confie un initié. “Il fallait le renouveler. L’office de tourisme flamand l’a fait de manière unilatérale, montrant ainsi leur volonté d’arrêter la collaboration, pour ce salon comme pour les trois ou quatre autres gros salons du même genre (Londres, Barcelone, Berlin, etc. NdlR).” Avec le risque que les trois régions se retrouvent éparpillées sur les prochains grands salons.

Cet incident communautaire a fait fureur au sein des professionnels du secteur. L’actuel président du Meeting Professionals International Belgium (MPI) Nick Kleingeld a ainsi fait part de ses réflexions sur “l’apartheid régnant dans l’industrie du tourisme d’affaires et de congrès en Belgique”, dans une news-letter réservée aux professionnels du secteur. Le président de la Brussels Hôtel Association (BHA) Fred De Deken mais aussi Dries Jacobus, président de la Society of Incentive Travel ou encore Dirk Bracaval, le président de l’Abito ont également manifesté leur ire.

La tutelle politique reconnaît le manque de galanterie flamande. Bruxelles saute néanmoins assez logiquement sur l’occasion. “Le tourisme est une matière régionalisable dans le cadre de la réforme de l’État. L’attitude de Toerisme Vlandereen est un signal que la Flandre accepte cette régionalisation. Elle reconnaît donc Bruxelles en tant que région à part entière”, remarque un cabinétard. “D’un autre côté, on ne peut pas prôner la régionalisation de cette matière et se plaindre de l’attitude de l’office de tourisme flamand.”

Les trois ministres en charge de cette matière (Christos Doulkeridis à Bruxelles, Paul Furlan en Wallonie et Gert Bourgeois en Flandre) vont d’ailleurs se réunir prochainement pour jeter les bases d’une nouvelle collaboration dans le cadre de ses grands salons afin de rationaliser les coûts, de ne pas étioler la visibilité des trois régions, etc. À l’instar ce qui se passe chaque année lors du Mipim : Bruxelles et Wallonie ont leur propre stand l’un à côté de l’autre, Gand dispose aussi du sien, juste derrière... Le coût pour la Région bruxelloise risque néanmoins d’exploser puisque le gouvernement n’a pas l’intention de rester sous la bannière wallonne, comme c’est actuellement le cas. “Mais si Bruxelles veut s’affirmer dans ces salons dédiés au tourisme, il faut en assumer le coût. Il est tout à fait encaissable.”

M. L.