La région de Charleroi ne fait plus partie des locomotives du foot belge. Stades, argent, supporters… on vous explique pourquoi.

Depuis la fusion entérinée entre Heppignies et le FC Charleroi, il ne reste désormais plus que trois clubs à porter haut et fort le drapeau du Pays Noir dans les séries nationales. Si la région veut continuer à jouer dans la cour des grands, il va dès lors falloir se serrer les coudes et batailler ferme.

Pierre-Yves Hendrickx (RCSC), Charles Beugnies (Olympic) et Marcel Gevaert (Charleroi-Fleurus) ont accepté de lancer le débat. Il n’a pas fallu longtemps entre les trois hommes pour trouver leur cheval de bataille : “Le supporter devient une denrée très rare, à Charleroi ou ailleurs. Il y a quelques années, presque n’importe qui dans la rue aurait pu détailler le calendrier du club dès sa sortie. Aujourd’hui, je suis curieux de poser la question autour de nous. Même si c’est vrai que nous sortons à peine d’une expérience en D2, c’est assez révélateur”, lâche Pierre-Yves Hendrickx.

Marcel Gevaert n’est pas en reste : “Ce que les gens veulent, c’est du spectacle. Ils sont de plus en plus vite blasés. Il y a tellement de distraction aujourd’hui, rien qu’à la télé… Je vais régulièrement voir les matches de Marseille, et c’est incroyable le cœur qu’il peut y avoir dans les tribunes. Tout ça pour des sommes modiques. On peut déjà se rendre au stade pour une dizaine d’euros. Je pense que nous ferions bien de nous inspirer de ce qui se fait dans la cité phocéenne. Nous aussi, nous sommes une ville où toutes les cultures se mélangent. Cela peut et doit devenir une force à l’avenir.”

Charles Beugnies met, lui, le doigt où ça fait mal : “J’imagine le père de famille qui va au stade avec ses deux enfants, et retrouve sa voiture sans pneu quelques heures plus tard. C’est triste à dire, mais il y a un fort sentiment d’insécurité qui s’est installé. Mais ce n’est pas propre à la région et ça n’explique pas tout. J’ai connu des matches à la Neuville où 33.000 personnes se pressaient dans le stade. On ne verra plus jamais ça…”

Du côté du Sporting, on essaie en tout cas de rameuter les foules… en profitant des travaux qui démembrent actuellement le Mambourg : “Pour le moment, on vend pas mal de pass en T1, car ce sera la seule tribune couverte dans un premier temps. Ce qu’il faut bien penser, c’est que le stade va perdre une partie de sa capacité suite à cet important chantier. Les places risquent de devenir chères lors des matches à enjeu. Je pense par exemple à la réception du Standard. Il va falloir prendre ses précautions”, prévient Hendrickx.

Aux échelons inférieurs, le défi est aussi de taille : “A l’Olympic, nous avons 400 entrées payantes en moyenne. Beaucoup aimeraient être à notre place”, rassure Beugnies.

Quant à Charleroi Fleurus, c’est la bouteille à l’encre : “Tant vis-à-vis du FC Charleroi que d’Heppignies, on ne peut que faire mieux en terme de supporters. Il va falloir se retrousser les manches.”

À Charleroi comme ailleurs, c’est vous le nerf de la guerre.

Gaël Benazzi