Une expérience-pilote de coéducation entre la famille, l’école et l’entreprise a été lancée

ÉDUCATIONCHARLEROI Dans les familles modernes, papa et maman ont souvent tous les deux un emploi et des journées bien chargées. Ils n’ont pas toujours le temps de jouer et d’apprendre avec leurs enfants.

Pourtant, il s’avère que l’apprentissage du langage, par exemple, est essentiel pour le développement futur de l’enfant, la construction de ses idées et de ses connaissances. “Un enfant qui quitte la maternelle en ne maîtrisant que 800 mots de vocabulaire part avec un handicap par rapport à un autre qui en connaît 1.600”, explique le Professeur Jean-Pierre Pourtois de l’Université de Mons.

Une expérience-pilote a été menée à Charleroi pour améliorer l’éducation des plus jeunes et augmenter leurs chances de réussite dans leur carrière. “Tout le monde doit agir : la famille, l’école et même l’entreprise”, poursuit le professeur.

La société Mestdagh a pris part à l’expérience en organisent des séances avec les travailleurs. Ils ont réfléchi à leurs pratiques éducatives et ont reçu des outils pédagogiques à utiliser avec leur progéniture le soir à la maison. Des fascicules de stimulation des langages ont été créés autour de la peluche Polo le lapin.

“Ce projet a pris de la place dans la famille. J’ai rapporté une revue, la peluche et des jeux. Tous les soirs, mes jumeaux de 5 ans me demandent de faire quelques exercices avec eux. Je leur lis des histoires. On bloque ce moment avec eux”, témoigne Quentin Wyseur.

En impliquant l’entreprise, l’objectif est de permettre aux parents d’être mieux dans leur peau et de montrer une bonne image du monde du travail à leurs enfants. “Les jeunes n’ont pas confiance en l’avenir. S’ils voient que leurs parents ne sont pas épanouis au boulot, ils ne le seront pas non plus.” À l’avenir, l’expérience sera menée dans d’autres sociétés et écoles de la région avant d’être étendue à l’ensemble de la Fédération Wallonie-Bruxelles, espèrent les initiateurs.

M. Ad.