Jean Kindermans, directeur de la formation à Anderlecht, a accumulé les trophées cette saison

PRO LEAGUEANDERLECHT Champions chez les U12, U15, U17, U19 et U21, les jeunes d’Anderlecht ont réalisé une magnifique saison. Quand on ajoute les victoires au tournoi Viareggio et l’Aegon Cup d’Amsterdam, le tableau devient quasi idyllique. Jean Kindermans, directeur de la formation au Sporting depuis presque huit ans, savoure mais place aussi la barre encore plus haut pour les années futures.

Êtes-vous un directeur de la formation comblée après une telle saison ?

“Il y a quatre ou cinq ans, les jeunes avaient collectionné six titres, mais les U11 avaient encore une compétition où l’on désignait un champion. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Maintenant, je ne me base pas sur les titres pour dire que nous avons bien ou mal bossé. Nos U13 et nos U14 ont fini deuxièmes à trois point du champion. Cela ne signifie pas que le travail fourni était catastrophique par rapport à une équipe qui gagne son championnat avec un point d’avance. Cela dit, un club comme Anderlecht se doit quand même d’avoir quelques champions chaque saison.” (sourire)

On dit qu’Anderlecht privilégie les résultats à la vraie formation, ce qui explique cette moisson de titres.

“C’est faux. Ceux qui affirment cela ne connaissent absolument rien à notre manière de travailler. On ne privilégie les résultats que lors des tournois internationaux. Car nos jeunes doivent aussi apprendre à gagner. Cela fait partie intégrante de la formation d’un footballeur de haut niveau.”

Quel fut votre meilleur moment cette saison ?

“Je dois dire que la victoire à Viareggio fut particulièrement belle. Dans notre onze de base, jouaient sept Belges formés ici depuis plusieurs années. D’habitude, seuls les Italiens gagnent ce tournoi. Ce succès a suscité énormément de respect dans toute l’Europe. Il ne se passe plus une semaine sans qu’un club ou une Fédération ne me téléphone pour que je participe à une conférence ou pour obtenir l’autorisation de visiter Neerpede. Les Pays-Bas, la Hongrie, la Finlande, la Biélorussie... Ils veulent connaître notre secret.” (sourire)

Cette médaille a aussi son revers : vos meilleurs talents sont très courtisés.

“C’est vrai, mais nous conseillons toujours à nos jeunes de d’abord percer ici. Pour les convaincre, nous avons deux formidables exemples : Vincent Kompany et Romelu Lukaku. Anderlecht est conscient qu’il est devenu un club tremplin vers le top européen.”

La formation a beaucoup évolué ces dernières années à Anderlecht, mais voyez-vous encore une manière de progresser ?

“Bien sûr. Au niveau des infrastructures, on aimerait un terrain synthétique, un hôtel et une salle fermée. Niveau encadrement, nous avons de super entraîneurs multidiplômés, mais nous pourrions enrichir les staffs tout autour. Anderlecht se doit toujours d’avoir de l’avance sur les autres.”

Interview > Christophe Franken