La femme-qui-sait

se met à table...

BRUXELLES/BORDEAUX On sait (depuis février) que le parquet de Bordeaux s'intéresse aux activités d'un des premiers négociants belges en vins et spiritueux, le groupe Geens-Benelux s.a.

Pas moins de 5 millions de bordeaux importés chaque année. Du vin de qualité que le consommateur peut trouver tant chez l'épicier du coin qu'en grandes surfaces. Le jour où l'affaire éclatait, son patron Guy Berckmans rencontré à Aarschot avait tout nié en bloc et parlé de mensonges diffamatoires et calomnieux.

L'origine de l'affaire, c'est une ex-directrice des Vignobles Rocher Cap de Rive dont provient pour partie le vin importé en Belgique. Hier, cette dame a expliqué sur France Bleue Gironde comment ce producteur trafiquait les appellations pour écouler ses excédents de vins. Selon elle, des excédents venant de propriétés en appellations Bordeaux se sont miraculeusement transformés en Saint Emilion ou Médoc lesquels étaient ensuite directement exportés en Belgique. La réglementation, très stricte, impose aux producteurs de déclasser les appellations en cas d'excédents: on ne joue pas sur les étiquettes. On ne trompe pas le consommateur. Mais pour cette ex-responsable, les excédents chroniques de certaines propriétés ont servi à couvrir les manques, les déficits chroniques de production d'autres propriétés et d'autres appellations.

Et c'est pour avoir découvert ces trafics que la directrice affirme avoir été licenciée et même accusée d'avoir puisé dans la caisse! Difficile d'en dire plus. La dame a parlé sous couvert de l'anonymat.

Les résultats d'analyses des échantillons saisis par la police bordelaise ne sont toujours pas connus. C'est vrai que le 8 mars 1975, la cour d'appel de Bruxelles condamnait Ferdinand Geens pour avoir tripoté sur des appellations de vins italiens. Mais c'était il y a 27 ans.